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Sidérurgie en France

Les travailleurs de ThyssenKrupp veulent un nouveau laminoir

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Mise à jour le 23 mai 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Sidérurgie CGT

En marge des manifestations interprofessionnelles et nationales, certains secteurs d’activité haussent le ton dans le pays. C’est le cas de la sidérurgie, pour laquelle la CGT organisait le 13 septembre dernier une journée nationale de mobilisation.

ArcelorMittal était en tête de ce mouvement, avec l’inquiétude de la fermeture d’un four à Dunkerque et de la diminution des activités à Fos-sur-Mer, mais c’est l’ensemble du secteur qui était debout.

Développer et pérenniser l’activité

Parallèlement, la mobilisation prenait dans d’autres groupes, à l’image de ThyssenKrupp, géant allemand de l’acier.

Les revendications sont multiples ; conditions de travail, salaires et embauches. Mais c’est le besoin d’investissements qui reste au cœur du combat des salariés. Conscients du rôle majeur de l’acier dans la transition écologique, ils exigent de nouvelles machines et un effort pour moderniser les usines avec un objectif : assurer la pérennité des activités et garantir la souveraineté du pays.

C’est par exemple le cas de l’usine ThyssenKrupp d’Isbergues, dans le Pas-de-Calais. Spécialisé dans la production de tôles à grains orientés, ce site – qui détient un quasi-monopole en Europe – est au cœur d’un marché d’avenir, en matière de transition écologique et de décarbonation notamment.

En proie à une concurrence féroce et à des produits dont la qualité n’en finit pas d’augmenter en Asie, ils savent pouvoir produire plus et mieux. Mais un obstacle demeure : le vieillissement de leurs machines. Leur laminoir principal, véritable poumon de l’activité du site, se détériore irrémédiablement après des décennies de bons et loyaux services. S’il venait à lâcher, c’est toute l’activité du site qui se trouverait stoppée partiellement.

L’avenir, c’est un nouveau laminoir

Une situation qui engendre une crainte permanente, mais aussi des efforts supplémentaires pour atteindre les objectifs de productions malgré le mauvais fonctionnement de certains outils ; au détriment de la sécurité des ouvriers. Reste aussi posée la question de la qualité des pièces produites. Pour faire face au marché, ils doivent pouvoir produire des tôles plus fines, ce que permettrait un laminoir de nouvelle génération.

Le coût ? 90 millions d’euros selon la CGT. Une somme bien vite amortie au regard de la demande croissante dans le monde, à fortiori pour une machine qui pourrait servir durant quelques décennies ; jusqu’à 60 ans ! C’est avec cette revendication en tête de gondole que 50 % des 600 salariés de l’usine se sont mis en grève le 13 septembre dernier. Un taux qui monte à plus de 70 % dans certaines équipes, selon le syndicat.

Tout ce qu’attendent les travailleurs, c’est la confirmation d’un investissement dans un nouveau laminoir. Entre la prise de décision et la mise en route de la nouvelle production, entre deux et trois ans devraient s’écouler. La signature d’un tel projet permettrait « d’assurer la pérennité du site, des sous-traitants et des emplois à très long terme » confie la CGT. Et de préciser que « les besoins en acier sont loin d’être couverts dans le monde ».

Pour en savoir plus : Le portrait de Philippe Verbeke, résistant de la première heure contre la casse de notre sidérurgie

Dans l’attente de réponses précises de la direction, les salariés poursuivent le travail tout en faisant grandir l’exigence d’investissement.

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