« Une journée pour la défense de la sidérurgie »
C’est du réseau syndical mondial du groupe ArcelorMittal qu’est parti le mot d’ordre. Les travailleurs du groupe fulminent les conditions de travail à travers le monde et gardent en tête l’accident qui avait eu lieu dans la mine de charbon dans le centre du Kazakhstan en octobre 2023, qui avait fait 46 morts. Le manque de sécurité reste au cœur des griefs portés au deuxième sidérurgiste mondial.
Mais les craintes s’accentuent aussi quant au maintien de l’activité industrielle du groupe, notamment en France. Gaëtan Lecocq, Secrétaire CGT d’Arcelor Dunkerque, livrait il y a quelques jours dans nos colonnes que dans le groupe « l’esprit banquier a remplacé l’esprit industriel ». « On n’est absolument pas rassuré sur l’avenir » a déclaré à l’AFP Philippe Verbeke, en charge de la sidérurgie à la fédération CGT de la Métallurgie
Pour le syndicat, il est bel et bien question de défendre les activités sidérurgiques dans le pays et, à fortiori, les près de 15 500 salariés d’ArcelorMittal France. L’alerte est donnée à Dunkerque, mais aussi à Fos-sur-Mer où travaillent environ 4 000 personnes.
Au vu des difficultés rencontrées ces derniers temps dans toute la filière, la Fédération CGT de la métallurgie « a décidé d’élargir cette journée d’actions à tout le secteur de la sidérurgie ». Valdunes, Ascometal, Aperam, tant de sites où il faut sans cesse défendre l’emploi et l’outil de production.
Ce 13 septembre, auront lieu des débrayages et un rassemblement simultané dès midi sur les différents sites du groupe ; de Florange à Reims en passant par Dunkerque et Fos-sur-Mer.
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Sidérurgie : Ascometal, la valse des actionnairesLa casse sociale qui a eu lieu ces dernières décennies dans la sidérurgie, que ce soit en Moselle ou dans le Nord-Pas-de-Calais, reste solidement ancrée dans les têtes. C’est l’idée d’un « Florange-Bis » qui fait craindre les travailleurs du groupe. La CGT rappelle d’ailleurs avoir alerté le gouvernement depuis des mois quant aux difficultés rencontrées, mais « déplore l’absence d’écoute des pouvoirs publics sur ces dossiers ».
Le syndicat attend également des réponses et des engagements quant aux projets de décarbonations, dont celui engagé sur le site du Dunkerque pour lequel Arcelor a obtenu l’an dernier une aide publique de 850 millions d’euros.
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