D’un côté, certains en jouent pour s’exonérer de leur responsabilité tandis que de l’autre, d’autres se plaisent à minimiser – dangereusement – son rôle dans l’économie d’un pays.
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Pas d’économie sans énergie
De manière abrupte, l’industrie n’est « que » la transformation de matières premières en produits fabriqués à l’aide de technologies, de savoir-faire, de bras et d’énergie. Si celle-ci, comme secteur isolé, ne représente qu’environ 7% du PIB français et 2% en valeur ajoutée, elle est indispensable à l’économie dans son ensemble.
En additionnant l’impact direct et indirect de l’énergie sur l’industrie, le transport, l’agriculture et les services, elle en représente une part colossale.
L’économie, et a fortiori l’industrie, c’est avant tout deux choses : de l’énergie et du travail humain ; travail humain qui nécessite des machines et donc, de l’énergie. Le développement industriel et économique d’un pays dépend ainsi directement de son accès à des ressources matérielles et énergétiques stables. C’est par ce prisme que l’on peut saisir les difficultés posées aux pays européens, et à l’Allemagne en premier lieu.
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Au cœur de toute réindustrialisation
C’est dans cette même logique qu’à la Libération, pour reconstruire la France, une série de mesures fut prise, souvent sous l’impulsion des ministres communistes, pour garantir l’approvisionnement en énergie. La création d’Électricité de France (EDF) sous la houlette de Marcel Paul en est le parfait exemple.
Et pour cause. Parallèlement aux perspectives sociales qu’amenaient ces monopoles avec un Parti communiste dominant et une CGT massive dans les entreprises, l’enjeu était aussi de voir renaître l’industrie nationale. En toute logique, ce fut très vite au secteur sidérurgique d’être en partie nationalisé, tandis que des entreprises nationales étaient bâties dans l’automobile, l’aéronautique ou, bien sûr, le ferroviaire.
Cet effort de rationalisation et de planification n’a pu être mené qu’à partir d’une production d’énergie stable et à coût contrôlé ; tout ce dont manque l’Allemagne aujourd’hui.
Le raccordement de l’EPR de Flamanville au réseau électrique ouvre, sur ce point, de nouvelles perspectives industrielles pour la France, si d’aventure l’État ne s’emploie pas à faire machine arrière sur la filière nucléaire. Rien n’est moins sûr avec celles et ceux qui vendaient il y a 10 ans la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric.
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Il en est de même pour l’enjeu de la décarbonation qui, pilotée et planifiée, pourrait être une occasion à saisir pour relever l’économie nationale.