Le Groupe des 9, qui les appelle à faire pression sur le pouvoir, est constitué d’organisations syndicales : CGT, FO (Ucr), CFTC, CFE-CGC (UNIRetraités), FSU, Solidaires, FGR-FP (Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique), LSR, Ensemble et Solidaires (Union nationale des retraités et personnes âgées – UNRPA).
Seule absente notable de la lutte : la CFDT.
Une récente rencontre, Les Burburaines 2024, s’est déroulée à Burbure (Pas-de-Calais) pour décider des modalités de l’action du 3 décembre, mais aussi d’autres initiatives revendicatives sur des préoccupations quotidiennes des retraités.
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Pour le droit à une autonomie réelle
En premier lieu, le droit à une autonomie totale, notamment à travers deux sujets d’importance, le logement et l’aide à la personne âgée. On sait en effet que le nombre d’impayés de loyers est en augmentation chez les retraités locataires, que les coûts de mise aux nouvelles normes sont trop élevés pour beaucoup de petits propriétaires et que l’aide aux personnes est notoirement insuffisante.
Michel Salingue, secrétaire général de la FGR-FP rappelait qu’une loi de finances est nécessaire sur ces questions, intégrant l’aide aux « aidants », ces derniers étant souvent utilisés comme palliatifs aux manques de l’aide à domicile des personnes.
Une pratique qui voit un grand nombre d’aidants, usés par la tâche, décéder avant les personnes aidées à domicile.
Dans le même ordre d’esprit, l’obligation alimentaire qui, en France, rend solidaires les ascendants et descendants d’une même famille. Un principe généreux, mais qui, appliqué aveuglément, peut conduire à des drames.
Un sujet amené par Muriel, syndicaliste travaillant dans le domaine social qui devrait verser mensuellement 600 euros de participation pour l’accueil en Ehpad de sa mère. « Comment je peux faire aujourd’hui avec un tout petit salaire et demain avec une retraite encore plus mince ? ».
Ce sont les départements qui traitent cette question ; des collectivités aujourd’hui en grandes difficultés financières dues aux désengagements et transferts de charges de l’État, ou encore à ses retards de paiements déjà insuffisants.
Conséquences, des drames humains en progression, des dettes ou des maisons hypothéquées pour rembourser la part familiale au décès des parents soignés…
En finir avec les déserts médicaux
Autre sujet, déjà abondamment traité dans Liberté Actus, l’action engagée pour mettre fin aux déserts médicaux dans le Pas-de-Calais.
La CGT a formulé plusieurs propositions comme la création d’un CHU et de centres de santé dotés de personnels salariés comme c’est déjà le cas dans une partie de l’ex-Bassin Minier. Des réunions se sont déjà tenues à Boulogne/Mer, Méricourt, Hesdin, Béthune, Arras ; une prochaine se tiendra sur Calais.
Un énorme travail sur l’état réel de la Santé publique dans le Pas-de-Calais et la Région est réalisé avec l’aide de Dominique Watrin, ancien sénateur, militant CGT et président de l’Institut De l’Élu d’Aujourd’hui (IDEA).
Chaque semaine de travail d’études modifie, en toujours plus sombre, le tableau sanitaire et social avec des secteurs où la densité de médecins, vieillissants, est inférieure à 50 % de la norme hexagonale… elle-même en déficit.
« Si on suit le plan d’action de l’État, il faudra attendre 2050 pour remonter la pente. On ne peut pas attendre jusque-là avec des maladies non soignées qui s’aggravent, des taux de surmortalité avant 65 ans supérieurs, jusqu’à 68,64 % dans la communauté d’agglomération de Lens-Liévin… alors que nous avons des solutions » (D. Watrin).
Le 6 décembre à l’Agence régionale de santé
Celles-ci sont de plus en plus partagées puisque après le soutien du PCF, depuis le début, ces propositions ont reçu celui de collectivités, d’élus comme le Président (PS) du Conseil départemental, d’autres organisations syndicales.
Une motivation supplémentaire pour les participants aux Burburaines de s’adresser au prochain congrès des Maires du Pas-de-Calais pour faire avancer leurs propositions : création d’un CHU multipolaire ; création, extension ou modernisation de centres de santé à travers tout le département ; plan de rattrapage sanitaire permettant de réduire drastiquement la mortalité précoce.
Des exigences qu’ils feront entendre en se rendant à l’Agence régionale de santé (ARS) à Lille le 6 décembre prochain.
D’ici là, Marc Beugin, le secrétaire de l’USR-CGT 62, pense réussir à unir d’autres organisations autour du droit à la santé, et à la vie dans le Pas-de-Calais.