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Au cœur des batailles locales

Le CHU, une vision globale de la santé

Accès libre
Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 6 minutes

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Santé

C’est à l’aune des retards de santé dans le Pas-de-Calais que l’on doit apprécier la lutte historique des communistes de ce département pour un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) multipolaire, avec le futur hôpital de Lens comme tête de pont.

Mais qu’apporte un CHU par rapport à un hôpital traditionnel ? Est-ce vraiment nécessaire ?

Le CHU en quelques mots

En France, les centres hospitaliers régionaux et universitaires (CHR&U), plus couramment appelés centres hospitaliers et universitaires (CHU) sont des centres hospitaliers régionaux (CHR), donc des établissements publics de santé ayant passé une convention avec une université, ou éventuellement avec plusieurs universités. Ils ont une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche.

Les CHU exercent des missions supplémentaires par rapport à un centre hospitalier :

  • l’enseignement et la formation des étudiants médicaux et paramédicaux organisés par l’Université ;
  • la recherche, qu’elle soit clinique, fondamentale ou translationnelle, pilotée par l’Université, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ou le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ;
  • l’activité de recours et de référence, concernant les maladies rares ;

On comprend vite que le travail permanent en commun de la formation, de la recherche et des interventions médicales et chirurgicales concrètes fait de ces CHU de formidables lieux où tous les aspects de la santé sont traités, où la coopération est le principe de base qui permet de traiter tous les problèmes, connus et méconnus.

La coopération permanente entre hôpitaux

Un exemple concret d’absence de coopérations entre hôpitaux de « simple » exercice. Les cas de lymphœdèmes (accumulation de lymphe dans les tissus qui provoque un gonflement d’un membre ou d’un organe) suite à des opérations artérielles ou de cancers du sein sont importants et mal soignés. Un hôpital public, celui d’Armentières, propose pourtant un protocole de soins qui réduit considérablement le problème, permet aux gens de remarcher quasi normalement ou aux femmes d’être moins gênées pour utiliser leurs bras.

Qui le sait dans les hôpitaux du Pas-de-Calais ? Ben quasiment aucun médecins parce qu’il n’y a pas de coopération véritable entre hôpitaux, sauf démarche volontaire individuelle de médecins et de kinésithérapeutes déjà largement surchargés de travail.

Tenir compte du nombre d’habitants

L’efficacité des CHU est largement reconnue, mais se heurte à la politique régressive des gouvernements français en matière de santé. La Loi prévoit un CHRU par Région et les Hauts-de-France en possèdent déjà deux, à Lille et Amiens. Précisons que s’il y en a deux, c’est que deux Régions, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, ont été réunies en une seule entité.

C’est la réponse de l’Agence régionale de santé (ARS) à la demande formulée par le PCF, la CGT et nombre d’élus de gauche, et même quelques élus de droite, soutenus par le Président du Conseil départemental du Pas-de-Calais.

La demande, portée à l’époque par Jen-Marc Tellier, député communiste, Cathy Apourceau-Poly et Jean-Pierre Corbisez, actuels sénateurs communistes du Pas-de-Calais ont fait valoir que la région parisienne, pourtant peu défavorisée en offre de soins d’excellence possédait à elle seule un CHU multipolaire.

En Région Centre-Val de Loire, c’était jusqu’il y a peu 1 CHU. Maintenant 2, mais avec seulement 2,5 millions d’habitants quand le Pas-de-Calais en compte 1 million 500.000 et la Région Hauts-de-France 6 millions !

L’ARS dit aussi que ce CHU serait trop proche géographiquement de celui de Lille. Ce serait effectivement 39 km, mais avec des développements possibles sur le Douaisis, le Béthunois, l’Artois. Et que dire des CHU de Nîmes et Montpellier distants de 57 km ou ceux de Metz et Nancy, à seulement 56 km l’un de l’autre ?

« Va-t-on chipoter pour 20 km quand il y a urgence à fixer ici de nouveaux médecins, généralistes et spécialistes dont le choix d’implantation est souvent déterminé par la proximité avec des filières hospitalières d’excellence ? » (Cathy Apourceau-Poly).

L’exemple du Pas-de-Calais

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche répondait enfin, le 5 juillet dernier : « votre demande est inscrite dans les travaux du Ministère […] sur l’universitarisation des territoires, sujet majeur construit avec mon homologue, M. Frédéric Valletoux, ministre de la Santé ».

Pour les militants politiques et syndicaux ainsi que les élus mobilisés pour la création d’un CHU multipolaire, pas question d’attendre les calendes grecques pour gagner cette création nécessaire aux nombreux rattrapages en santé publique.

31 hôpitaux et cliniques pour le Pas-de-Calais

Le département du Pas-de-Calais compte 31 établissements de santé de courts séjours en médecine, chirurgie et obstétrique, dont 16 hôpitaux publics, centres hospitaliers et 15 cliniques privées. La plupart se situent dans les principales villes comme Arras, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais, Lens, Montreuil, Saint-Omer.

Ces établissements mettent à la disposition des 1.458.000 habitants du Pas-de-Calais : 4 165 lits en court séjour, représentant un taux d’équipement de 2,9 lits pour 1.000 habitants, inférieur à la moyenne nationale qui est de 3,1. Ils se répartissent en 2.445 places en médecine, 1.366 places en chirurgie et 354 lits en obstétrique.

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