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Frédéric Valletoux, 15-07-2024 - Antonin Albert / Shutterstock.com
À la santé, on a Valletoux

1500 postes d’internes en moins à la rentrée

Accès libre
Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Santé

En décembre dernier, l’Assemblée nationale adoptait la proposition de loi de Frédéric Valletoux visant à « améliorer l’accès aux soins » et à poursuivre « la transformation profonde des études médicales entamées en 2018 ».

Identifié comme responsable de la pénurie de médecins, le Numerus Clausus encadrant l’accès aux études de médecine a été supprimé par la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé de 2019. Supprimé ? Non, remplacé. Par un Numerus Apertus délégué aux universités chargées de déterminer, en lien avec les agences régionales de santé, le nombre de professionnels à former en fonction des besoins territoriaux.

Promotion « Crash test »

La commission des Affaires sociales du Sénat mettait alors en garde contre une « communication gouvernementale potentiellement trompeuse et ses conséquences ». La communauté universitaire et médicale voyait une promesse en trompe-l’œil qui ne permettrait pas de produire plus de médecins. Comment former plus d’étudiants quand la fermeture de 40 000 lits hospitaliers en dix ans a supprimé autant de terrains de stage ?

La loi dite Pécresse de 2007 a diminué les moyens alloués à l’université et à la recherche. La restriction capacitaire maintient une sélection drastique, initiée par Parcoursup et entretenue par les réformes successives des études de santé, introduisant notes plancher, Épreuves dématérialisées nationales et, pour la première fois cette année, des Épreuves orales classantes où l’étudiant est mis en situation face à un faux patient bénévole jouant un rôle.

Si près de 1000 étudiants d’une promotion autonommée « crash test » ont préféré redoubler leur année, 662 ont échoué au concours de fin de 5ᵉ année. Cinq ans d’études, de privations et d’acharnement pour rien ? Les étudiants dénoncent dans une pétition en ligne une « profonde injustice ». En réaction, 1510 postes d’internat sont fermés pour la rentrée 2024.

Une réelle inquiétude pour l’hôpital public dont les internes représentent 40 % des effectifs médicaux. 18 % des postes sont fermés dans la filière « médecine générale » quand les projections augurent 80 000 départs à la retraite d’ici à 2025 et une baisse de l’offre médicale en ville et en soins primaires en conséquence.

Fuite de cerveaux

Compte tenu de l’augmentation et du vieillissement de la population en France, les modèles prévoient une diminution de la densité médicale qui retrouverait son niveau de 2021 seulement vers 2032.

Les différentes réformes menées depuis 2019 ont conduit à la fuite de cerveaux vers l’étranger, où les étudiants suivent des cursus privés inaccessibles à tous ceux qui auraient l’empathie et les qualités humaines pour être d’excellents médecins.

La politique de lutte contre la désertification médicale demeure critique et ne peut que susciter de légitimes préoccupations pour les professionnels et les populations.

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