Le ministère assure que « la plateforme fonctionne ». Les chiffres sont brandis chaque année comme un talisman. Deux tiers des candidats auraient une proposition dès les premiers résultats. Près de 92 % des lycéens finiraient par recevoir au moins une offre, mais derrière ces moyennes se cache une réalité bien moins lisse.
Parcoursup est d’abord une machine à stress. Plus de huit candidats sur dix jugent la procédure anxiogène. Listes d’attente interminables, absence de visibilité sur les critères réels de sélection, incertitude prolongée jusqu’à l’été. L’orientation devient un marathon psychologique, où l’on apprend très tôt à intérioriser l’idée que tout ne sera pas possible.
Surtout, Parcoursup entérine et organise les inégalités sociales. Les élèves issus des milieux populaires s’autocensurent davantage, renoncent plus souvent aux formations sélectives et sont pénalisés par des critères qui ne disent pas leur nom. Le lycée d’origine, le type de baccalauréat, la capacité à formuler un « projet motivé » conforme aux attentes jouent à plein. L’opacité demeure, malgré les ajustements cosmétiques. À peine six lycéens sur dix estiment aujourd’hui la procédure transparente.