Des droits et des conceptions qui s’entrechoquent
Le droit à la propriété et le droit au logement sont fréquemment cités lorsqu’il est question d’habitat. De fait, l’un vient en contradiction avec l’autre, qui plus est lorsque le secteur est en crise. La question des salaires et des loyers reste au cœur du sujet, mais structurellement, c’est la hiérarchisation entre ces deux droits qui pose un problème. Et pour cause, il n’est pas question de petite propriété ; 24 % des ménages détiennent 68 % des logements habités en France. Juridiquement, le droit à la propriété prime sur le droit au logement, simplement mentionné comme « un objectif ».
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Deuxième conception diamétralement opposée : celle du rôle laissé au logement public. Pour le ministre délégué en charge du Logement, « le logement social à vie n’existe pas ». Ce qui explique en partie le désengagement – devenu démantèlement – de l’habitat social par l’État. Mécaniquement, cela crée des quartiers de pauvres et des quartiers de riches. C’est ce que dénonce Léon Deffontaines, candidat du PCF aux élections européennes, lorsqu’il plaide pour une « conception bien plus large du logement public ». Au fond, il s’agit pour lui d’inverser le rapport entre droit à la propriété et droit au logement.
Le droit à un logement digne en France et en Europe
Le « projet européen » mis en œuvre depuis des décennies est loin d’avoir été efficace. En matière de logement, 895 000 personnes s’en trouvent dépourvues à travers le continent, dont 330 000 rien qu’en France. Pire, 100 000 décès sont liés chaque année à l’insalubrité des logements, selon l’OMS.
Si le candidat communiste prône une politique nationale forte sur le sujet, il n’exclut pas, à court terme, les opportunités à saisir au niveau européen. Parmi les grandes mesures, figure un plan d’investissement ambitieux, en faveur du logement public, comprenant tant la construction que la rénovation du parc actuel. Dans la même veine, il souhaite la diminution de la TVA du logement public à 5,5 % et son harmonisation à l’échelle de l’UE.
Le jeune candidat porte un projet original en la matière, à rebours de ce que propose le gouvernement notamment. De quoi percevoir que, même sur cette question du logement, l’opposition entre le public et le privé se fait forte.