La progression du nombre de retraités dissimule une première inégalité : 53 % de femmes et 47% d’hommes bénéficient de ce statut. Une seconde : les femmes partent en moyenne à la retraite 8 mois plus tard que les hommes (63 ans contre 62 ans et 4 mois). Plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène : les femmes ont des carrières souvent hachées ; certains de leurs employeurs ont oublié de leur donner ce que nous appelons le salaire différé, en particulier celui qui ouvrira le droit à la retraite ; elles poursuivent donc souvent leur activité salariée, d’autant plus que leur rémunération a été plus faible que celle des hommes. Ajoutons qu’elles ont moins facilement accès au dispositif carrière longue, pris en compte au moment de faire valoir leurs droits à la retraite.
10% des retraités sous le seuil de pauvreté
Une autre inégalité est encore plus criante : le montant des retraites. Les femmes touchent en moyenne 1268 euros par mois, les hommes ont des retraites au trois-quarts supérieures, à savoir 2050 euros.
Nous sommes loin de l’égalité pour laquelle se battent la CGT et les autres organisations syndicales.
D’autres chiffres sont inquiétants : 10% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, et pourtant, une part non négligeable d’entre eux sont propriétaires de leur logement ou demeurent chez leurs enfants. Ce chiffre doit aussi être mis en relation avec le coût exorbitant d’une place en EHPAD. Ce sont souvent les descendants qui doivent amputer une part de leurs revenus pour assurer à leurs parents une fin de vie digne… Digne, si nous gardons le silence sur le fonctionnement de la plupart des EHPAD, machines à faire du fric au profit de groupes financiers souvent étrangers ! Citons en particulier le manque de personnel qualifié pour les soins et la vie quotidienne.
Certes, le niveau de vie médian des retraités est très légèrement supérieur à celui des actifs : 1970 euros mensuels contre 1930 euros… Mais les chiffres mis en avant pour les actifs ne prennent pas en compte les différentes primes, les heures supplémentaires défiscalisées, voire le scandale des petits boulots faits au black, pour arrondir ses fins de mois. Les retraités ont souvent des difficultés physiques qui les empêchent d’obtenir, pour améliorer leur retraite, ces petits boulots. Ajoutons que ces derniers ont des dépenses incompressibles liées au handicap, au manque d’autonomie et donc à la dépendance dont ils sont victimes, dans une société où l’individualisme prend trop souvent le pas sur la solidarité. Il n’est pas rare que les personnes âgées soient seules. Pour trouver du travail, leurs enfants ont dû s’en éloigner, et le voisinage est trop souvent composé de personnes elles-mêmes d’un certain âge.
Jeunes en précarité
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Un dernier élément attire notre attention : aujourd’hui, 20% des jeunes adultes vivent, eux aussi, sous le seuil de pauvreté. Nos universités et centres de formation sont remplis de jeunes qui sautent les repas et vivent dans des conditions difficiles.
Vu leur faible revenu, ils ne participent que peu aux multiples aspects de la vie culturelle : l’accès aux lieux, manifestations et pratiques culturelles, grand thème qu’avaient développé le Secours populaire français et d’autres associations de solidarité au début des années 2000, reste aujourd’hui encore un vœu pieux.
Voici l’héritage de vingt-cinq ans de gouvernement de droite, aujourd’hui soutenu, comme la corde soutient le pendu, par le Rassemblement national.