Elle a activement participé à l’animation, la conception, la rédaction et la promotion de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) adoptée au Sommet de New York le 20 novembre 1989.
À lire aussi

En France, cela s’est notamment réalisé avec la participation militante d’organisations d’enfance et de jeunesse comme les Pionniers de France.
La Convention relative aux droits de l’enfant avait suscité un immense espoir, tempéré cependant par le principe de réalité. Nous vivons dans une société capitaliste, où les intérêts des êtres humains passent après ceux de la finance et des pouvoirs absolutistes.
On le vérifie encore aujourd’hui, 35 ans après la signature de la Convention.
Cependant, l’existence de celle-ci a le mérite de révéler les situations et d’y avancer des propositions sociales à défaut d’y apporter celles qui régleraient les problèmes.
Le modèle social français en recul grave
Il y a quelques années, le dernier tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches classait la France à la 28ᵉ place, sur 35 pays de l’UE/OCDE en matière d’inégalités de bien-être entre les enfants. Juste au-dessus de la Belgique, la Bulgarie, l’Italie, le Luxembourg et la Slovaquie.
Dernière en matière d’éducation, moyenne en matière de santé « avec des données absolues inquiétantes », le bilan n’était pas fameux. Il révélait une aggravation de la situation de l’enfance en France, notre pays se situant auparavant au milieu du classement général.
La situation des enfants témoignant de celle de leurs familles, les chiffres de l’Unicef mettent à mal tous les discours sur une économie qui se porterait mieux qu’avant grâce à l’Europe et à l’ouverture des marchés.
La dernière consultation nationale des 6-18 ans réalisée cette année par Unicef-France vient de le confirmer : « Ne pas disposer des ressources et des conditions élémentaires pour mener une enfance ordinaire et grandir de façon harmonieuse, telle est la situation rencontrée par les enfants et adolescents qui subissent des privations. »
De privations en privations… la paupérisation
La consultation, menée auprès de 21.820 jeunes français montre en effet que :
- 16,20 % sont en situation de privation matérielle ;
- 25,40 % sont confrontés à des privations dans l’accès aux savoirs ;
- 22,80 % subissent des privations alimentaires. C’est leur situation économique et sociale qui met en péril leur équilibre alimentaire ;
- 15,50 % ne vont jamais chez le dentiste ou moins d’une fois tous les trois ans ;
- 19,20 % ne passent jamais ou rarement du temps avec des amis en dehors de chez eux et de l’école ;
- 44,40 % ne pratiquent pas d’activité sportive en dehors de l’école ;
- 66,70 % ne pratiquent pas d’activité culturelle.
Des conséquences sur l’état mental
Des situations qui influent gravement sur l’état mental de nos jeunes qui, pour 64,70 % sont angoissés ou s’inquiètent de ne pas réussir à l’école. 48,70 % déclarent qu’il leur arrive de ne plus vouloir y aller, ce qui confirme le malaise répandu au sein des établissements scolaires.
Il n’y a donc pas que les problèmes de harcèlement qui hantent les enfants, même si un bon tiers a déjà subi des violences verbales ou physiques des autres enfants, et d’adultes pour 13,10 %.
Un sentiment de manque de protection aux conséquences psychologiques importantes, 14,10 % indiquant être tristes ou n’avoir plus goût à rien.
Une étude affinée de ces données montre que ces phénomènes frappent différemment selon la situation sociale des familles. Les enfants de familles aux revenus insuffisants ont 2,7 fois plus de risques d’être confrontés à ce déficit de protection.
Vient enfin le rejet social ressenti par les jeunes, dont 24,70 % n’ont jamais entendu parler de leurs droits alors que la connaissance de ceux-ci, par l’éducation, est prévue par la CIDE.
Là aussi, les enfants en privation matérielle ont 2,5 fois plus de risque de rencontrer une forme de rejet social, et les enfants et adolescents en déficit de protection, 9,4 fois plus de risque.
