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Oise

Offensives patronales – riposte syndicale

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Luttes Syndicalisme Social Emploi

Dans l’Oise, notamment dans le secteur de Beauvais, le patronat n’épargne pas ses coups contre les travailleurs. Il peut parfois compter sur le soutien d’élus de droite pour justifier ses mesures antisociales.

Un obstacle à cette offensive multiforme, la CGT présente en permanence sur le terrain. Le 21 septembre, nous avions déjà évoqué le cas d’AGCO (Massey Ferguson) qui annonçait la suppression de 103 postes à Beauvais juste après avoir touché 13 millions d’euros d’aides publiques pour des investissements devant créer 300 emplois.

Caroline Cayeux (Droite), la Présidente de la Communauté d’agglomération du Beauvaisis affirme « Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions peut-être eu 200 ou 300 suppressions de postes. » Un soutien au patronat qui n’en demande pas tant puisque les licenciements interviennent dans le cadre d’une stratégie mondiale nullement liée au versement de subventions.

L’ex-ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales du gouvernement d’E. Borne n’en est pas à une approximation près. Elle avait démissionné en novembre 2022, à la suite de la saisine de la justice par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour des soupçons d’évaluation mensongère de sa déclaration de patrimoine et de fraude fiscale.

Elle a même trouvé « radicale » la déclaration de la nouvelle ministre du Travail et de l’Emploi - Astrid Panosyan-Bouvet - qui s’était fendue d’un timide « les entreprises qui licencient et qui ont eu des aides publiques » auront «  des comptes à rendre.  »

Du côté de la CGT, la bataille contre les licenciements ne fait que débuter.

Adecco : 10 % de salaire en moins

D’autres combats sont également menés, même s’ils font moins de bruit.

C’est le cas à l’agence de location de travailleurs Adecco qui propose rien de moins que de supprimer les indemnités de fin de mission pour 15 nouvelles activités, en plus des 22 types d’emplois saisonniers.

Une mesure qui ferait perdre 10 % du salaire.

À ce jour, seule la CGT s’y oppose tandis que les autres syndicats restent étrangement muets.

Mais les pratiques régressives patronales confinent parfois jusqu’au ridicule, même si leurs conséquences sont dramatiques pour les salariés.

Concentrix : un climat de peur…

C’est le cas chez Concentrix (ex-Webhelp) à Lacroix-Saint-Ouen où un salarié est licencié pour s’être moqué des mal nommées Ressources humaines.

Devant les retards récurrents de paiement des salaires, Loan Léton (23 ans) a eu le malheur de poster un « GIF » d’Homer Simpson se cachant discrètement suivi du commentaire « Les RH un jour de paie. »

Léon Leton (à gauche) avec ses parents lors de l’intervention de la CGT
© CGT

Le licenciement a été immédiat dans l’entreprise qui s’affirme « Centrée sur l’humain. Alimentée par la technologie. Nourrie à l’intelligence… ». Une propagande qui ne résiste pas aux témoignages des téléconseillers qui dénoncent une ambiance de travail délétère.

L’affaire est désormais aux prud’hommes, mais ne constitue pas un cas isolé. « La direction a licencié plusieurs salariés sous des prétextes abusifs, voire ridicules, dans ce qui semble être une chasse aux sorcières contre toute forme d’expression ou d’opposition interne  », résume Belinda Hafir, déléguée syndicale CGT FAPT.

Deux tiers des salariés ne vont pas au bout d’une année. La syndicaliste évoque aussi « les 10 % d’employés en arrêt maladie jusqu’à la fin d’année », et « les 20 % d’abstentionnisme  ».

Saverglass : baisse des salaires de 7 %

Chez Saverglass à Feuquières-mais aussi à Ghlin en Belgique-c’est à un chantage aux licenciements que se livre le patron. Il veut instaurer un accord de performance collective (APC) créé par E. Macron en 2017 assorti d’une baisse de salaire de 7 % pour 6 mois.

Les syndicats ont demandé que l’expertise des comptes, obligatoire mais pas exécutée, soit effectuée. Cela dit, seule la CGT s’oppose frontalement aux volontés patronales. Le syndicat, majoritaire (51,46 %), est cependant minoritaire au CSE par l’alliance des deux autres organisations CFDT et CFTC.

Le patron a reçu le soutien du maire de Feuquières qui demande aux salariés de se sacrifier pour sauver l’usine et ses 1.300 emplois ; soit presque autant que la commune compte d’habitants.

L’édile, un colonel retraité du Sirpa (service de propagande des armées), puis de la Prévention routière où il fut embauché comme directeur départemental pour améliorer sa retraite a le sens du sacrifice… des autres. Vieille pratique militaire…

La retraite moyenne d’un officier est de 3.026 euros/mois à laquelle s’adjoignent de nombreux avantages et ici la retraite de la Prévention Routière.

Le secrétaire de la CGT – Saverglass explique lui «  Moins 7%, c’est 100 euros, c’est beaucoup. C’est les factures, l’eau, l’électricité. Certaines personnes sont toutes seules et ont trois, quatre enfants (…) pendant six mois les salariés vont garder leur emploi. Mais qu’est-ce qui nous dit qu’après, ils ne seront pas licenciés ?  »

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