Les dépenses de santé en 2023 se sont élevées à 325 milliards d’€, somme particulièrement importante qui échappait, jusqu’à présent et pour l’essentiel, à la finance.
Avant la création de la Sécurité sociale préexistaient de multiples mutuelles créées par les travailleurs eux-mêmes. Celles-ci contribuent à prendre en charge le ticket modérateur et participent à la prévention.
Ces dernières années, nombre de dépenses relevant normalement de l’Assurance maladie ont été transférées aux complémentaires santé, réduisant le champ d’intervention de la Sécu. La loi Évin de 1989 a permis l’intervention des compagnies d’assurance privées à but lucratif sur le marché de la complémentaire maladie. C’est la porte grande ouverte à l’intervention du capital et à la financiarisation de l’assurance maladie.
Les complémentaires santé aux mains du patronat et du gouvernement
Pour les salariés du secteur privé, l’Accord National Interprofessionnel mis en œuvre en 2016 oblige les chefs d’entreprises à financer au moins 50 % de la cotisation de la complémentaire santé de leurs salariés… mais c’est le patron qui choisit la complémentaire et les retraités en sont exclus. Le même type d’accord s’appliquera dans la Fonction Publique d’État en 2026-2027… et, là aussi, ce sont les ministres qui choisissent la complémentaire. Il est prévu qu’il en sera de même pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière.
C’est, à terme, la disparition des mutuelles gérées par les travailleurs eux-mêmes et l’entrée en force de la finance dans la protection sociale en contradiction totale avec les principes créateurs de la Sécurité sociale.
L’avenir de la Sécurité sociale
La Sécurité sociale telle qu’elle a vu le jour en 1945 a représenté une avancée considérable pour le monde du travail, mettant en œuvre un principe de solidarité géré par les travailleurs eux-mêmes. C’est cet esprit qui doit présider à un nouveau développement de la Sécu.
Afin que chacun puisse se soigner convenablement sans dépendre de complémentaires santé aux mains de la finance et de plus en plus chères, il faut parvenir au « 100 % Sécu », c’est-à-dire 100 % des dépenses médicales prises en charge par la Sécurité sociale. Parce que les dépenses d’assurance maladie, les dépenses de retraite et autres dépenses sociales vont inéluctablement progresser, il faudra revoir et développer leur financement dans le cadre de la Sécurité sociale.
Pour cela, il faudra mettre fin aux milliards d’exonérations de cotisations, moduler les taux de cotisations sociales patronales en fonction des politiques d’emploi et de salaire des entreprises, appliquer une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises et rétablir la démocratie sociale en redonnant la parole et les pouvoirs aux travailleurs par le retour des élections.