Après avoir tenu la veille un discours empathique qui faisait presque croire à sa participation au piquet de grève, il a déclaré jeter l’éponge pour n’avoir pas obtenu la levée du blocage.
Sa compréhension de la colère des salariés a des limites puisque ces derniers refusent d’entendre ses multiples et diverses justifications de ne pas verser une prime, dite « supra-légale » de 10.000€ par salarié.
L’heure n’est plus aux papotages
Un mouvement d’humeur qui n’étonne pas à la Sib où on a pris l’habitude de réunions officielles dont il ne ressort rien, même pas un compte-rendu.
Or l’heure n’est plus à la perte de temps et aux papotages de salon. Début janvier, une dernière réunion doit sceller le sort de 80 salariés sans qu’une seule information sérieuse soit fournie.
Le patron, l’administrateur judiciaire et l’AGS qui garantit le paiement des sommes dues aux salariés (salaires, préavis, indemnités de rupture, etc.) se renvoient la responsabilité du blocage de la prime.
En effet, si le patron la verse - il lui reste 8 des 13 millions versés par l’assurance -, l’AGS pourrait être fondée à considérer qu’il a les moyens de payer primes et salaires, donc ne verserait rien, ce qui pourrait entrainer la liquidation de l’entreprise si elle versait salaires, primes et indemnités diverses.
Des responsables inactifs
Mais on n’en sait rien puisque l’AGS ne participe à aucune réunion jusqu’à présent et que le patron, comme l’administrateur ou l’État ne l’interpellent pas. On croit rêver !
Une boîte croule, 80 familles connaitront le chômage et les responsables économiques -et politiques pour certains - regardent tranquillement assis sur leurs chaises !
Mercredi, Brigitte Passebosc (PCF), maire de Saint-Etienne-au-Mont, conseillère départementale et les attachés de Cathy Apourceau-Poly, Sénatrice, se sont donc rendus au piquet de grève pour étudier avec les salariés et leur syndicat CGT les moyens de débloquer d’urgence la situation.
Il reste 20 jours avant la décision finale.
État, élus et patron doivent prendre leurs responsabilités
Pour B. Pericaud (PCF), « il existe des précédents et l’affaire doit être étudiée ». B. Passebosc de son côté a remis, mercredi soir à Frédéric Cuvillier, président de la Communauté d’Agglomération du Boulonnais, une interpellation des ouvriers et de la CGT de la Sib demandant l’intervention des élus de la collectivité territoriale. On comprendrait mal qu’une entreprise d’une telle importance dans le Boulonnais disparaisse ou licencie sans que les élus interviennent.
Les élus communistes et la CGT, de l’entreprise et de l’Union locale en appellent également au sous-préfet pour que l’État montre un peu d’allant dans la recherche de solutions.
Une réunion doit se tenir vendredi 20 décembre en sous-préfecture, toujours sans l’AGS, ce qui fait dire aux salariés que « ça risque d’être encore une fois une réunion pour laisser pourrir la situation ».
Ils n’entendent pas laisser faire et il y a fort à parier que la voix des Sib se fera entendre dans Boulogne.