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GERARD BOTTINO/shutterstock
SIB Boulogne-sur-Mer

La police intervient contre les grévistes pendant les négociations en sous-préfecture

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Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie CGT Social

Forfaiture ! Hors la définition pénale qui sanctionne des crimes commis par un fonctionnaire contre l’État, le terme désigne la félonie, la traitrise et ici la trahison de la confiance d’autrui.

Comment qualifier autrement l’ordre donné à une douzaine de cars de Police et de CRS, accompagnés des sapeurs-pompiers, d’intervenir à la SIB pour déloger quelques grévistes qui occupaient le parking de l’entreprise. Et ceci au moment même où, benoitement, le sous-préfet organisait une réunion dite de négociations entre le patron et ses ouvriers.

Un traquenard pour duper les salariés

« La veille le sous-préfet avait signifié qu’il était en possession d’une décision de justice qu’il ne pouvait faire autrement qu’appliquer en tant que représentant de l’État. La CGT avait négocié, en perspective de la réunion de vendredi qui s’annonçait cruciale, un passage de trois camions. »

Bruno Arnoult, secrétaire de la section du PCF de Boulogne/Mer venu soutenir les syndicalistes a donc été estomaqué d’apprendre que pendant ce que le représentant de l’État et le patron présentaient comme une négociation, les grévistes étaient chassés et menacés d’une amende de 500 € par personne s’ils persistaient dans leur action.

Ceux qui se réjouissaient de la décision de Bruno Retailleau de renforcer les moyens de Police sur la Côte d’Opale savent aujourd’hui à quoi ils servent vraiment. En tout cas, pour nombre de Boulonnais qui soutiennent les grévistes, l’affaire apparaît pour ce qu’elle est : un traquenard.

Police partout, Justice nulle part

La décision de justice elle-même questionne. Il est rare que des magistrats ne tiennent pas compte des évolutions de situation en cas de conflit. Ils attendent généralement que tout soit clairement bloqué pour faire jouer la répression. Pas à Boulogne où semble-t-il la ligne dure du Medef, de la droite et de son extrême semblent inspirer les hommes de Justice.

À moins qu’ils aient été informés que la réunion de négociation n’aboutirait à rien puisque malgré son discours humaniste le patron ne veut pas négocier. L’an dernier déjà, quatre salariés de Capécure avaient été condamnés pour des violences sur les forces de l’ordre qu’ils ne pouvaient avoir commis de l’aveu même du Président. Celui-ci avait relevé de nombreuses inexactitudes (doux euphémisme) dans les déclarations des fonctionnaires de Police. On nomme ça mensonges lorsqu’il s’agit de citoyens lambda.

Mais il avait, avec les juges et le Procureur décidé de sanctionner les quatre salariés en expliquant « maintenant, lorsque vous verrez une manifestation sociale, vous ferez demi-tour et vous rentrerez chez vous ! » Il avait bien tenté de bafouiller qu’il n’avait rien voulu dire contre le droit de grève et de manifestation, mais trop tard, le coup était parti.

Après les migrants, les grévistes…

À lire aussi : Humanitaires et pratiques d’État - Le laboratoire du pire

Il y a une semaine la Ligue des Droits de l’Homme dénonçait, à Boulogne justement, les atteintes aux libertés menées sur notre littoral contre les associations humanitaires. « Le littoral Nord-Pas-de-Calais est devenu le laboratoire du pire » avait conclu Emmanuelle Jourdan-Chartier, du secrétariat national de la LDH après avoir rappelé qu’on commençait toujours par stigmatiser les étrangers avant de s’en prendre à son propre peuple.

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