Le taux d’emploi de ces travailleurs n’a progressé que de manière anecdotique en près de deux décennies, passant de 37 % en 2005 à 39,3 % en 2023. Pire encore, le taux de chômage reste deux fois supérieur à celui de la moyenne nationale. Ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard mais la conséquence directe d’une politique qui refuse de s’attaquer aux causes structurelles de l’exclusion.
Le patronat et la stratégie de l’évitement
La pierre angulaire du dispositif actuel repose sur l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH), fixée théoriquement à 6 % des effectifs pour les entreprises de plus de vingt salariés. Or, ce seuil légal demeure une fiction pour l’immense majorité du secteur privé. Les données rapportées par la Cour sont édifiantes puisque seules 35 % des entreprises assujetties remplissent leur obligation par l’emploi direct. Plus scandaleux encore, 28 % des entreprises concernées n’emploient absolument aucun travailleur en situation de handicap, préférant sans doute payer une contribution financière plutôt que d’adapter leurs postes de travail.
Cette réticence persistante ignore une réalité de terrain : l’aspiration des personnes en situation de handicap…