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Stèle de Saint-Raphaël

L’ARAC dénonce une réécriture dangereuse de l’histoire

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Mise à jour le 5 septembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Seconde Guerre mondiale ARAC Histoire

L’Association républicaine des combattants (ARAC) monte au front contre la remise en cause de « notre héritage commun ». Le maire de Saint-Raphaël (Var), Frédéric Masquelier (LR), a inauguré le 23 août une stèle dédiée aux « victimes du totalitarisme communiste ». Un révisionnisme historique qui franchit un seuil inédit.

L’ARAC rappelle qu’« on ne peut pas tricher avec l’histoire et la mémoire ». Son secrétaire général, Patrick Staat, insiste : on le doit « pour les jeunes générations qui ne doivent jamais oublier sa signification ».

Le Parlement européen à la pointe de l’anticommunisme

La boîte de Pandore avait été ouverte dès 2019, lorsque le Parlement européen adoptait une résolution sur « l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». À une large majorité, dans un quasi-silence, 535 élus votaient ce texte qui assimile fascisme et communisme.

Cette résolution constituait, pour l’ARAC, « l’aboutissement de la stratégie de révisionnisme historique prônée par l’Union européenne », créant un dangereux précédent.

La stèle varoise et les discours qui l’ont accompagnée confirment aujourd’hui cette inquiétude. « En fait, nous dit Patrick Staat, cette résolution cherchait à effacer la contribution décisive des communistes et des peuples de l’Union soviétique à la défaite du fascisme nazi. »

Derrière cette réécriture, l’effet recherché est clair : masquer les « causes profondes de la Seconde Guerre mondiale ». Pour le dirigeant de l’ARAC, « ceux qui l’ont votée portent une lourde responsabilité devant l’Histoire et, comme dans les années 30, font le lit du fascisme […], car son contenu ouvre la voie à l’interdiction des partis communistes, des forces progressistes et du mouvement syndical ».

Au-delà de ce texte, c’est toute une remise en cause de « notre héritage commun » qui s’opère, s’inquiète l’association. Cette simplification continue de l’Histoire se matérialise désormais par une stèle financée à plusieurs dizaines de milliers d’euros par la commune de Saint-Raphaël. Un symbole coûteux, destiné à jeter l’opprobre sur certains pour mieux réhabiliter d’autres.

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