Les audiences révèlent pourtant une défense chancelante, heurtée par des preuves matérielles robustes et le naufrage des co-prévenus, qui fragilisent la stratégie globale du RN.
Un procès d’appel sous tension, au cœur de la présidentielle 2027
Le procès en appel du Rassemblement national et de plusieurs de ses cadres concerne des faits commis entre 2004 et 2016 : le financement, par le Parlement européen, d’assistants travaillant en réalité au service du parti en France. En première instance, Marine Le Pen a été condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont deux ferme et surtout cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Ce dernier point est crucial, puisqu’il la rend juridiquement incapable de se présenter en 2027, sauf revirement en appel.
Dans les couloirs du Palais, l’enjeu n’est plus tant la peine pénale que la bataille procédurale pour faire lever la mesure immédiate, puis gagner du temps grâce à un éventuel pourvoi en cassation. Sans exécution provisoire, la présidente du RN pourrait rester éligible le temps que les recours s’épuisent, et ainsi préserver sa position dans la course présidentielle. C’est ce verrou que Marine Le Pen tente désormais de faire…