« Nous optons pour un commerce juste plutôt que des droits de douane, pour un partenariat productif à long terme plutôt que l’isolement », a déclaré la présidente de la Commission européenne, peu avant la signature. Étonnante déclaration de la part de celle qui se montre si prompte à ériger des barrières douanières ailleurs. Le libre-échange, décidément, n’est jamais qu’une variable d’ajustement.
Un traité pensé pour un monde qui n’existe plus
L’Union européenne est fondée sur le monde d’hier. Les vieux schémas dominent encore. Et la France, une fois de plus, brille par son isolement et son incapacité à se faire respecter. Comme sur tant d’autres dossiers, elle n’a plus qu’à compter les pertes.
Lorsque le dossier du « Mercosur » apparaît pour la première fois, en 1999, Bill Clinton est à la Maison-Blanche, le Fonds monétaire international est tout-puissant et, en France, socialistes et droites confondues théorisent une « France sans usine ». On est alors très loin, très loin des conditions actuelles.
La crise de 2008, venue des États-Unis, a durablement discrédité le dollar et la finance occidentale aux yeux du monde. La désindustrialisation – et avec elle le chômage de masse –…