Vous êtes candidate sur la liste de Léon Deffontaines. Vous n’êtes pas en position éligible, mais pour vous le combat pour les Européennes est important. Pourquoi ?
De nombreuses décisions qui nous concernent sont prises à Bruxelles. Nous avons donc besoin d’élus pour relayer nos voix d’élus et de parlementaires français au niveau européen. Si nous avons des élus, nous serons plus à même de nous organiser et de lutter contre les diktats de Bruxelles. C’est cela le sens de notre campagne.
Vous pouvez donner un exemple ?
Je viens de rédiger un rapport sur la pénurie de médicaments. Il va sans dire que si ce travail est relayé à Bruxelles, cela lui donnera plus de force.
Comment menez-vous cette campagne ?
Nous avons programmé cinq grosses initiatives dans le Pas-de-Calais qui se termineront chacune par une conférence de presse. Moi-même, je vais à la rencontre des citoyens, des personnels hospitaliers, des dirigeants des Ehpad, des entreprises industrielles, etc. Avec ces dernières, par exemples (j’étais récemment chez le plasturgiste Knauf Industries, à Dainville, et chez Lhoist, à Rety), nous évoquons leurs inquiétudes à propos des normes européennes qui leur tombent dessus. Mais évidemment, je m’adresse aussi aux services publics qui souffrent des baisses budgétaires.
Sur le terrain, comment les gens reçoivent-ils votre discours sur l’Europe et sur la nécessité de voter ?
Il est bien-sûr important de s’exprimer et d’aller voter pour envoyer des représentants au Parlement européen. Mais il faut bien reconnaître que la plupart des gens sont plutôt préoccupés par leurs problèmes sociaux au quotidien, leurs salaires qui n’augmentent pas suffisamment, leurs loyers, leurs charges énergétiques. Il faut pousser plus loin pour les intéresser à la problématique européenne. Il nous faut les convaincre qu’il y a une politique française et une politique européenne.
Selon un tout récent sondage d’OpinionWay, la liste de Léon Deffontaines serait créditée de 4 % d’intention de vote, soit une progression de 1 % en quelques semaines. Cela vous rend optimiste, sachant qu’il est nécessaire d’atteindre la barre des 5 % à l’issue du scrutin ?
5 % pour la liste de Léon Deffontaines, c’est 5 élus de plus à gauche. Il n’y a pas de « vote utile » pour les élections européennes. Cela ne veut rien dire. Alors oui, il faut voter pour la liste « La gauche unie pour le monde du travail ». Il est nécessaire d’avoir des élus de gauche qui relaient la parole du peuple, des ouvriers, des employés des services publics, des gens qui souffrent.