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Département du Nord

Des choix budgétaires contre l’enfance et la culture

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Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Budget 2025

Le mode de financement des Départements et l’insuffisance des dotations mettent ces derniers en grande difficulté. En ce sens, les habitants ne sont pas respectés. Mais les choix politiques des exécutifs ne sont pas toujours plus tendres pour ces derniers. Exemple avec le Département du Nord.

Dans le Nord, le président du Groupe communistes et républicains du Conseil départemental, Charles Beauchamp, s’insurge contre le désintérêt de l’État pour les collectivités locales. Mais il ne dédouane pas la responsabilité de la majorité de droite (Groupe Union pour le Nord) dont il remet en cause les choix.

En premier lieu, il ne comprend pas que l’équipe de Christian Poiret s’étonne de la baisse des recettes de la DMTO (Droits de mutation à titre onéreux), c’est-à-dire ce que l’on nomme les « frais de notaire » lors des transactions immobilières. Elles diminuent, dans le Nord comme dans 93 autres départements, de 5% au moins depuis 2023. « Notre groupe prévient depuis 7 ans, insiste-t-il. Or, ces recettes sont les seules qui sont propres aux départements. Mais elles sont volatiles. Encore plus en période de crise quand les citoyens peinent à acheter leur logement. » On ne devrait donc pas prendre ces DMTO comme base budgétaire. De fait, ces recettes sont passées dans le Nord de 333 millions d’euros en 2023 à 290 millions en 2024.

La culture à la trappe

Quant aux choix budgétaires de la majorité départementale, ils négligent méchamment la culture. Des structures comme le Forum des Sciences (Villeneuve d’Ascq) en souffrent, mais pas seulement. Les financements départementaux pour la diffusion culturelle en milieu rural (8 structures) ont diminué de moitié et risquent de disparaître en 2025. « Ce qui n’est pas supprimé est revu à la baisse. Des politiques intéressantes pour les structures intercommunales passent à la trappe ».

Autre domaine très important : l’Aide sociale à l’enfance (ASE). « Nous nous étonnons, explique Charles Beauchamp, que le financement de places d’accueil en protection de l’enfance, à hauteur de 10,5 millions d’euros, soit classé comme une dépense volontariste  » par le Département.

C’est pourtant la loi qui confie aux Départements la charge de protéger les enfants en danger. Au lieu de privilégier les Maisons d’enfants à caractère social (MECS) et les structures d’accueil associatives, le Département préfère financer des mesures d’intervention à domicile. 700 places d’hébergement avaient déjà été supprimées sous la présidence de Jean-René Lecerf (le prédécesseur de Christian Poiret). À ce jour, 200 enfants ne peuvent être accueillis dans une structure, faute de place. « Le département n’a pas prioritairement misé sur la protection de l’enfance », juge Charles Beauchamp.

Questions sur les collèges

La liste est longue des insuffisances budgétaires. L’aide à domicile pour les personnes âgées en fait partie. Les collèges ne sont pas épargnés quand on lit une délibération présentée lors de l’adoption du budget supplémentaire. « Une économie de un million d’euros est prévue, moitié pour les bâtiments, moitié pour les élèves », soulève l’élu communiste Bernard Baudoux. Il aurait aimé connaître les répercussions de telles décisions financières sur le fonctionnement des établissements. Même certaines actions pédagogiques sont remises en cause.

C’est le cas des sorties au cinéma des collégiens accompagnés de leurs enseignants. Interrogé, le président Poiret estime que les parents peuvent fort bien emmener leurs enfants voir un film comme ils le font pour les sorties ludiques. Sauf que dans le cas des collèges, ces sorties au cinéma s’appuyaient sur un vrai projet pédagogique. Rien à voir avec un loisir.

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