Alors que les bombardements israéliens se poursuivent sur Gaza et la Cisjordanie, une coalition inédite de pays du Sud s’est réunie en Colombie pour dénoncer l’impunité dont bénéficie Israël.
Un front du Sud contre l’impunité
À l’initiative du Groupe de La Haye, fondé en janvier 2025, cette conférence d’urgence a vu des États comme la Colombie, l’Afrique du Sud, la Malaisie ou encore la Namibie ratifier six mesures concrètes visant à entraver le soutien militaire à Israël.
Parmi ces mesures : l’interdiction de vendre ou de transporter des armes vers Israël, le blocage du transit militaire sur leurs territoires et l’engagement à respecter les mandats de la Cour pénale internationale (CPI) et de la Cour internationale de justice (CIJ). Ces décisions font écho aux plaintes déposées par l’Afrique du Sud contre Israël pour génocide et traduisent une volonté de faire respecter le droit international.
La Colombie en première ligne
Le choix de Bogota comme lieu de la conférence n’est pas anodin. Le président colombien Gustavo Petro, connu pour ses positions anti-impérialistes, a multiplié les condamnations contre Israël et suspendu les relations diplomatiques. Pour Petro, l’agression israélienne s’inscrit dans une « expérience menée par les puissances mondiales contre les peuples du Sud », visant à écraser toute rébellion populaire.
Ce positionnement est partagé par plusieurs États latino-américains, dont l’histoire est marquée par les ingérences militaires occidentales. L’usage d’armes israéliennes dans la répression des mouvements sociaux en Colombie renforce cette solidarité avec la cause palestinienne. Le Groupe de La Haye, bien que fondé en Europe, est désormais porté par des acteurs du Sud global, qui veulent redéfinir les règles du jeu international.