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Beshr Abdulhadi - CC BY 2.0
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Syrie, un saut dans l’inconnu islamiste ?

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Mise à jour le 10 janvier 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Syrie

Tout est allé très vite. En quelques jours, les grandes villes syriennes tombaient jusqu’à ce que ce dimanche 8 décembre, à l’aube, ce soit à Damas de passer aux mains d’une opposition tantôt qualifiée de « rebelle », tantôt de simples « militants », mais toujours franchement islamiste.

Et pour cause, parmi les groupes qui ont pris part à l’agression, se trouve notamment HTS et ses dizaines de milliers de combattants répartis dans le pays, particulièrement dans la région d’Idlib. Ce groupe jihadiste syrien, principalement actif dans le nord-ouest du pays, a été formé en 2017 autour de l’ex-Front al-Nosra, émanation d’Al-Qaïda.

Après des années d’ingérence étrangère

Il n’aura fallu que quelques heures pour que soient annoncés sur les chaînes de télévision d’État la « chute de la capitale et du gouvernement d’El-Assad ». Rapidement, les images parcouraient les réseaux sociaux  ; la prise d’assaut du Palais présidentiel, les déclarations d’hommes en treillis accompagnés de combattants armés… le doute n’était plus de mise.

Des événements qui risquent de faire sombrer le pays dans un tumulte sans précédent et de long terme, tant il est impossible de voir se construire de nouveaux équilibres de pouvoirs et un nouvel ordre (et quel ordre  ?) rapidement ; et tant les forces armées de la région ont des exigences et des velléités différentes, souvent irréconciliables.

Autre interrogation que d’aucuns aimeraient pouvoir éviter : la situation économique du pays. La crainte grandit quant à une dévaluation très forte de la monnaie nationale, et le peuple est d’ores et déjà plongé dans la peur du manque.

Enfin, si les voix qui en appellent à une solution politique pour éviter un nouveau bain de sang se montrent nombreuses, celles qui rappellent que, depuis longtemps, des puissances étrangères soutiennent les forces antigouvernementales syriennes se font rares. Des États-Unis à la Turquie, les entreprises de déstabilisation n’ont jamais cessé, au grand dam de toute solution politique.

Une ingérence qui, à l’image de l’Opération Sycomore, a pu amener les puissances occidentales à armer des groupes djihadistes ; aujourd’hui au cœur du renversement du pouvoir.

De nombreuses réactions, le PCF reste prudent

Après la surprise, vient le temps des réactions. Depuis hier, elles fusent dans l’ensemble du paysage politique français. La diplomatie française salue officiellement « la chute du régime de Bachar El-Assad le 8 décembre 2024, après plus de 13 ans d’une répression d’une grande violence contre son propre peuple » et qualifie le 8 décembre de « jour historique ». À gauche comme à droite, les réactions se multiplient, souvent manichéennes, annonçant une « libération du peuple syrien ».

Parmi elle, le Parti communiste français tire son épingle du jeu et se veut plus prudent. Dans un communiqué publié ce 8 décembre, le PCF déclare d’emblée que « seuls les Syriens peuvent décider de l’avenir de la Syrie  ». Et d’ajouter que, « avec leurs soutiens  », ce sont « les forces islamistes, qui étaient jusqu’à il y a peu considérées comme terroristes, qui se rapprochent d’une prise de pouvoir brutale et totale  ».

Rappelant sa solidarité avec tous les Syriens et avec les forces démocratiques nationales, le parti souligne que « le renforcement de l’islamisme pourrait conduire la Syrie à une implosion aux effets dévastateurs pour toute la région  ».

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