L’adoption de cette loi, par 61 voix contre 35, s’attaque frontalement aux partis de gauche, en particulier le Hadash et le Parti communiste. Présentée comme une « mesure de sécurité nationale », le texte cible spécifiquement les représentants qui prônent des valeurs d’égalité, de justice sociale et de paix avec le peuple palestinien.
Représentants près de 20 % du corps électoral, dont de nombreux citoyens arabo-palestiniens, les partis visés par cette mesure d’exclusion dénoncent une fuite en avant sans limites du gouvernement. Un coup dur pour la diversité politique en Israël, et c’est peu dire. Les expulsions de figures communistes emblématiques comme Youssef Atauna, Ayman Odeh, et Aida Toma-Soliman illustrent la volonté du pouvoir de réduire au silence ceux qui défendent un autre modèle de société. Dans ce climat, Ofer Cassif, lui aussi membre du Hadash, dénonce une persécution visant toute voix pacifiste ou critique. Pour lui, les « voyous fascistes » de la Knesset qualifient désormais les opposants à la guerre de « partisans du terrorisme » : une rhétorique effrayante qui place les idées de gauche sous le spectre de l’interdiction.
Le musèlement comme stratégie politique
Cette loi s’inscrit dans une stratégie plus large, où le communisme est associé à une menace intérieure qu’il faut éradiquer.
La réforme judiciaire en cours, visant à affaiblir la Cour suprême, s’ajoute à ce tableau sombre : le gouvernement se dote des moyens légaux pour museler toute opposition. Pourtant, malgré une forte mobilisation et les alertes de la communauté internationale, les dirigeants israéliens s’entêtent, isolant encore davantage le pays sur la scène mondiale. En s’attaquant aux communistes, Israël envoie un message clair : seules les voix conformes à l’idéologie dominante ont leur place dans l’arène politique. Les voix communistes, loin d’être une menace, incarnent la possibilité d’un Israël plus juste et plus égalitaire.