Dans une démarche sans précédent, l’Afrique du Sud dépose ce lundi un mémoire détaillé à la Cour internationale de Justice (CIJ), soutenant des accusations de génocide contre Israël pour ses actions dans la bande de Gaza. En plus d’une compilation d’éléments médico-légaux, Pretoria s’appuie sur des témoignages et des rapports documentés pour démontrer que les actions militaires israéliennes ne sont pas seulement des « cas plausibles » de génocide, mais qu’elles remplissent les critères établis par la Convention sur le génocide de 1948.
Preuves médico-légales et soutien international
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a confirmé que ce mémoire contient des « preuves indiscutables » montrant la gravité des attaques israéliennes et des effets dévastateurs sur la population civile de Gaza. Alors que le nombre de victimes palestiniennes aurait dépassé les 44 000 morts, le document vise à faire reconnaître ce que l’Afrique du Sud et ses alliés perçoivent comme une campagne de violence systématique contre les Palestiniens.
Dans ce dossier, l’Afrique du Sud n’est pas seule. Plusieurs pays, notamment la Turquie, le Nicaragua, l’Espagne, le Mexique, la Libye et la Colombie, l’ont rejoint. Ces nations demandent que la CIJ reconnaisse les souffrances palestiniennes et force Israël à répondre de ses actes.
La CIJ sous pression, Israël sommé de réagir
La soumission de ce mémoire marque une étape cruciale dans une bataille juridique qui pourrait redéfinir les limites de la diplomatie et du droit international.
Une fois le document déposé, Israël sera tenu de répondre par un contre-mémoire avant le 28 juillet de l’année prochaine. En attendant, les soutiens de la Palestine espèrent que ce procès, ainsi que l’attention internationale qu’il attire, pourrait contraindre Israël à reconsidérer son offensive sur Gaza.
La CIJ, de son côté, a déjà ordonné à plusieurs reprises à Israël de suspendre ses opérations militaires dans la région. En mai, les juges avaient même prononcé des mesures conservatoires visant à réduire le nombre de victimes et alléger les souffrances dans la ville de Rafah, située au sud de la bande de Gaza. Malgré ces injonctions, les frappes se poursuivent, mettant en question l’efficacité des instances internationales face aux crises humanitaires modernes.