On sait désormais qu’Israël a créé une société écran pour produire des bipeurs explosifs expédiés au Liban, selon les sources du New York Times. En réalité, ces appareils ont été fabriqués par l’entreprise BAC, basée en Hongrie, pour le compte de la société taïwanaise Gold Apollo.
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Moyen-Orient : Israël dans le bourbier de GazaCependant, l’entreprise BAC fait partie d’une société écran israélienne, rapportent trois officiers du renseignement, toujours selon le New York Times. Au moins deux autres sociétés écrans ont été créées pour masquer les véritables identités des personnes qui produisaient les bipeurs.
Les bipeurs explosifs ont commencé à être expédiés au Liban à l’été 2022, mais la production a ensuite été accélérée après que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a condamné l’utilisation des téléphones portables pour des raisons de sécurité. Le groupe taïwanais a démenti des informations du New York Times, selon lesquelles il avait lui-même fabriqué et vendu au Hezbollah les bipeurs, du modèle AR924. « Notre entreprise n’apporte que l’autorisation d’utiliser la marque et n’est pas impliquée dans la conception et la fabrication » de ce bipeur, a-t-il insisté.
Une énième violation du droit international par Israël
Cette opération est d’autant plus inquiétante qu’elle confirme que Benyamin Netanyahou choisit une guerre totale qui embraserait toute cette région du monde et au-delà, plutôt que la négociation.
L’absence de condamnation d’un tel acte par la plupart des pays occidentaux – la France se contente de dire son inquiétude – est aussi scandaleux qu’illustratif du "deux poids deux mesures" de plus en plus insupportable.
« Les responsables de l’attaque aux bipeurs contre les membres du Hezbollah devront rendre des comptes », a averti mercredi le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. « Le ciblage simultané de milliers de personnes, qu’il s’agisse de civils ou de membres de groupes armés, sans savoir qui était en possession des engins ciblés, […] constitue une violation du droit international, des droits de l’homme et, dans la mesure où il est applicable, du droit international humanitaire », souligne-t-il dans un communiqué. Le Hezbollah de son côté a promis une réponse.