Depuis plusieurs années, l’économie turque est en difficulté. En 2024, l’inflation officielle a dépassé les 45 %, même si les estimations indépendantes la situent bien au-delà. Le prix du pain a doublé en un an, celui des carburants a explosé, et le logement est devenu inaccessible dans les grandes villes. À Istanbul, capitale économique du pays, les files d’attente pour les cantines municipales et les distributions de colis alimentaires ne cessent de s’allonger.
C’est dans ce contexte qu’İmamoğlu, élu en 2019 contre toute attente, avait tenté d’incarner une alternative. Outre son opposition au pouvoir central, il avait mis en place des politiques sociales ciblées : aides aux familles précaires, soutien aux étudiants, accès facilité aux services publics pour les femmes et les seniors. Pour beaucoup d’habitants, il représentait un rempart contre la précarité. Sa mise à l’écart brutale, sur fond d’accusations de corruption contestées, est vécue comme une trahison sociale autant que politique.
Les élites économiques proches du pouvoir prospèrent grâce aux contrats publics et à la spéculation immobilière, tandis que les couches moyennes s’effondrent. Le taux de chômage réel,…