La Hongrie est depuis longtemps une épine dans le pied de Bruxelles. La Commission européenne, le Parlement européen, mais aussi la plupart des chefs d’États et de gouvernements des 27 accusent le Premier ministre Orbán de porter atteinte à « l’État de droit » dans son pays. De porter aussi atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire et de corrompre le pouvoir au profit de ses amis.
Dans ce contexte, Budapest est accusée dans diverses procédures de sanctions ; certains financements européens ont été bloqués. Viktor Orbán, réélu aux élections de 2022, considère qu’il a les mains libres et n’a que faire des critiques de l’UE. La souveraineté européenne prônée par la Commission européenne et Emmanuel Macron n’a aucun intérêt pour le président hongrois qui donne sa préférence à la souveraineté de son pays, et ce, dans les relations d’État à État comme celles qu’il entretient avec la Russie et la Chine.
La Hongrie d’abord
En recevant le chef de l’État chinois Xi Jinping, le 9 mai dernier, sans la présence de von der Leyen contrairement à la France, il a une fois de plus rendu furieux ses collègues européens. C’est tout heureux qu’il a accueilli son hôte chinois. Viktor Orbán a rappelé la vieille amitié entre les deux pays, fondés selon lui sur des principes de respect mutuel. Pour sa part, le Président chinois s’est félicité de relations sino-hongroises « qui atteignent leur apogée au cours de leurs 75 ans d’histoire en portant notre partenariat stratégique vers de nouveaux sommets ».
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Chacun a souligné l’importance des relations économiques actuelles et futures entre les deux pays. Pékin finance par exemple la construction de la liaison ferroviaire entre Budapest et Belgrade et est surtout le plus gros investisseur étranger en Hongrie avec un montant de 15 milliards d’euros l’année dernière. Un exemple significatif est celui du conglomérat BYD, champion du monde dans le domaine des voitures électriques et de leurs batteries, qui construit actuellement une immense usine dans le sud de la Hongrie.
Au total, dix-huit nouveaux contrats ont été annoncés à Budapest. Outre l’industrie et les transports, le secteur de l’énergie constitue également un domaine d’intérêt. La construction d’un oléoduc entre la Hongrie et la Serbie a aussi été convenue. La Hongrie est un des rares pays qui importe encore du pétrole russe. La coopération dans le secteur du nucléaire devrait par ailleurs être mise au premier plan. Sur la dimension culturelle, Budapest accueillera prochainement un campus chinois pour renforcer les liens académiques. La visite du Président chinois apparaît pour la Hongrie comme un succès diplomatique, qui, en termes d’investissements, pourrait être une forme Magyare d’attractivité « Choose Hongrie ».