Mardi, la Cour constitutionnelle a rejeté leurs poursuites, confirmant les résultats à une majorité de sept juges contre deux. Dans son communiqué, la Cour a qualifié les accusations d’« inconstitutionnelles » et déclaré que sa décision était « définitive et sans appel ».
Des manifestations en escalade
Depuis début novembre, les rues de Tbilissi sont le théâtre de manifestations organisées par l’opposition et soutenues par la présidente Zourabichvili. D’origine française, cette dernière continue de dénoncer les résultats électoraux, appelant même les écoliers à rejoindre les protestations, malgré le risque de violences.
Dans un discours vidéo prononcé samedi dernier, elle a déclaré : « Je reste votre président ! Il n’y a pas de Parlement légitime pour élire un nouveau président. Mon mandat reste en vigueur jusqu’à ce qu’un Parlement légitimement élu élise un président pour me remplacer ! ». Malgré ses fonctions essentiellement symboliques, Zourabichvili joue un rôle central dans la mobilisation, réclamant de nouvelles élections et refusant de reconnaître les présidentielles prévues pour le 14 décembre.
Un contexte géopolitique sous tension
La situation politique géorgienne est étroitement surveillée par les puissances internationales. L’Union européenne, par la voix de sa nouvelle porte-parole pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a qualifié les manifestations de « légitimes » et mis en garde le gouvernement contre toute répression violente, menaçant d’éventuelles « conséquences ».
En parallèle, le Premier ministre Irakli Kobakhidze annonçait la suspension des négociations d’adhésion à l’UE jusqu’en 2028. Cette décision pourrait marquer un tournant dans la politique étrangère du pays, traditionnellement à la croisée des influences occidentales et russes.
Un avenir incertain et l’ingérence de l’Union européenne
Alors que la Géorgie plonge dans une crise politique et sociale, les perspectives de stabilisation semblent éloignées. Si le gouvernement profite de sa majorité pour asseoir son pouvoir, les tensions dans les rues et le soutien tacite de l’UE à l’opposition risquent d’alimenter une impasse durable. Le pays, stratégiquement situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie, pourrait ainsi voir sa fragile démocratie mise à rude épreuve dans les mois à venir.