Liberté Actus
qrcode:https://liberte-actus.fr/885

Cet article est lisible à cette adresse sur le site Liberté Actus :

https://https://liberte-actus.fr/885

Flachez le qrcode suivant pour retrouver l'article en ligne

miss.cabul/shutterstock
Indice des affaires

L’Allemagne au bord du précipice

Accès abonné
Mise à jour le 24 février 2025
Temps de lecture : 4 minutes

Mots -clé

Industrie Union européenne Allemagne

Avec un indice ifo du climat des affaires tombé à 85,7 points en novembre 2024, l’économie allemande montre des signes alarmants de fragilité. Les secteurs clés vacillent, les perspectives s’assombrissent, et l’inaction politique menace de transformer une crise structurelle en déclin irréversible.

Depuis trois ans, l’économie allemande peine à retrouver son équilibre. En novembre 2024, l’indice ifo du climat des affaires, qui mesure le moral des entreprises allemandes, a reculé à 85,7 points, contre 86,5 le mois précédent. Ce niveau, bien inférieur à la référence de 100 points établie en 2015, témoigne d’une détérioration économique profonde et prolongée.

Contrairement aux ralentissements conjoncturels passés, cette crise s’inscrit dans une dynamique structurelle. L’Allemagne, longtemps considérée comme le moteur économique de l’Europe, voit ses piliers vaciller sous l’effet de plusieurs facteurs : transformation industrielle, transition énergétique, compétition internationale accrue et vieillissement de la population active. Les entreprises, interrogées dans le cadre de l’enquête de l’Institut ifo, jugent leur situation actuelle mauvaise et nourrissent peu d’espoir pour les mois à venir.

Secteurs sous tension : de multiples fragilités

L’analyse sectorielle des données de l’indice ifo révèle des difficultés marquées dans trois segments clés : l’industrie manufacturière, la construction et les services.

Dans l’industrie, véritable colonne vertébrale de l’économie allemande, les signaux sont alarmants. La baisse des commandes, notamment à l’exportation, reflète un affaiblissement de la demande mondiale. Par ailleurs, la transition énergétique, bien qu’indispensable, impose des coûts élevés aux entreprises, alors même que la concurrence internationale, notamment en provenance de la Chine, se fait plus rude. Les acteurs industriels, historiquement en pointe sur l’automobile ou la chimie, peinent à s’adapter à ces nouveaux impératifs.

Dans le secteur de la construction, les difficultés sont tout aussi préoccupantes. La flambée des coûts des matériaux, conjuguée à des restrictions environnementales croissantes, pèse lourdement sur les marges des entreprises. Les projets, qu’ils soient publics ou privés, se raréfient, accentuant le ralentissement. Quant aux services, leur situation reste critique.

Malgré des opportunités liées à la numérisation, de nombreuses entreprises du secteur peinent à trouver leur place dans une économie en mutation. L’incertitude générale freine les investissements, et les consommateurs, confrontés à une inflation persistante, réduisent leurs dépenses. Seul le secteur du commerce semble bénéficier d’une légère accalmie. Les attentes des grossistes et détaillants s’améliorent timidement, mais ces signes positifs restent insuffisants pour compenser la détérioration générale des autres secteurs.

Une réaction politique encore timide

Face à une situation aussi critique, les réponses politiques se font attendre. Les mesures mises en place – aides ponctuelles, subventions ciblées, allègements fiscaux – semblent insuffisantes pour enrayer la spirale descendante.

Pourtant, l’Allemagne dispose encore d’atouts pour sortir de cette impasse. Une stratégie audacieuse pourrait passer par une accélération de la transition numérique, des investissements massifs dans les infrastructures vertes et une refonte du système de formation professionnelle pour pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

La crise actuelle, bien qu’alarmante, constitue aussi une opportunité de repenser en profondeur un modèle économique qui a longtemps été un exemple de réussite.

Message d'abonnement

Ces articles peuvent vous intéresser :

Automobile Ethiopie. Le premier pays au monde à interdire les véhicules thermiques

À la grande surprise de nombreux analystes, l’Éthiopie s’est radicalement tournée vers les véhicules électriques. Avec ses plus de 130 millions d’habitants, le pays était jusqu’ici l’un des moins motorisés du continent africain et du monde, avec moins de 7 véhicules pour 1 000 habitants. En 2024, Addis-Abeba devenait le premier pays du monde à interdire l’importation de véhicules essence et diesel.

Haute-Garonne Fibre Excellence, symbole d’un État qui renonce à produire

La situation de l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, ne peut se réduire au seul débat sur le prix de l’électricité, qui pèse indiscutablement, mais n’est pas le seul facteur des difficultés. Cette crise est avant tout structurelle et stratégique, inscrite dans les logiques profondes du capitalisme mondialisé et de la désindustrialisation progressive du territoire.

Combattants nazis et mercenaires Pourquoi les garanties de sécurité ne concernent pas que la Russie

En Ukraine, des forces ultranationalistes et fascistes, des islamistes, des cartels, acquièrent depuis 4 ans une expérience militaire avancée, des équipements et des financements considérables. À l’issue de la guerre, leur démobilisation et leur réinsertion seront probablement complexes. Le risque est grand de les retrouver comme mercenaires dans des conflits sur cinq continents. D’autres pays que la Russie ont intérêt à s’inquiéter de la menace qu’ils représentent.

Soutenez-nous

Faire un don

En 2024, nous avons bâti un journal unique où les analyses se mêlent à l’actualité, où le récit se mêle au reportage, où la culture se mêle aux questions industrielles et internationales. Faites un don pour continuer l’aventure.