L’Allemagne, souvent considérée comme le poumon économique de l’Union européenne, vit une série de bouleversements qui fragilisent son statut de leader.
L’énergie au cœur des problèmes
En 2022, le pays dépendait à plus de 55 % du gaz russe pour son approvisionnement énergétique. Avec la guerre en Ukraine et l’arrêt brutal des livraisons, l’Allemagne a dû se tourner vers des solutions alternatives, coûteuses et complexes.
L’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) et l’accélération de la transition énergétique ont entraîné une augmentation significative des coûts de production, mettant sous pression des secteurs emblématiques comme l’automobile et l’industrie manufacturière. En 2024, les répercussions se font lourdement sentir : la production industrielle a reculé de 1,5 %, et le PIB ne progresse que faiblement, à hauteur de 0,4 %.
La compétitivité internationale de l’Allemagne est mise à rude épreuve face à des concurrents toujours plus agressifs. Ce contexte inquiète les observateurs et les entreprises, habitués à des performances bien plus robustes de la part de la première économie européenne. Les perspectives à moyen terme restent incertaines, alors que l’Allemagne cherche à redéfinir ses stratégies industrielles pour s’adapter à un marché global en pleine mutation.
Un vieillissement démographique alarmant
Parallèlement, l’Allemagne fait face à un véritable défi démographique. Sur une population de 84,4 millions d’habitants, 20 % ont déjà dépassé l’âge de 65 ans. Cette transition exerce une pression considérable sur les systèmes de retraite et les services sociaux, qui peinent à suivre la cadence.
Plus alarmant encore, le vieillissement de la population entraîne une diminution significative de la main-d’œuvre disponible, affectant directement la productivité et la capacité du pays à maintenir sa croissance. Pour pallier cette situation, le gouvernement allemand investit dans l’automatisation et les nouvelles technologies afin de compenser le manque de main-d’œuvre. Mais ces initiatives prennent du temps et nécessitent des ressources considérables.
Face à cette réalité, l’immigration est présentée comme une solution possible. Aujourd’hui, 28,7 % de la population allemande est d’origine migratoire. Mais l’intégration de ces populations pose de nombreux défis, notamment en termes de formation et d’accès au marché du travail.
Ces crises économiques et sociales se répercutent dans l’arène politique. Lors des élections régionales de 2023, les partis définis comme « non traditionnels » ont enregistré une progression significative, notamment dans les Länder de l’Est, où les disparités économiques et sociales restent marquées.
L’Allemagne, qui avait toujours été présentée comme un modèle de stabilité au sein de l’Europe, doit désormais naviguer dans des eaux troubles, tiraillée entre les attentes de sa population et les exigences de sa compétitivité internationale.