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Palácio do Planalto - CC BY-ND 4.0
Géoéconomie

Le CIPS et la NBD, leviers d’un nouvel ordre financier pour les BRICS

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Mise à jour le 8 décembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Chine BRICS Égypte CIPS

En contournant le système SWIFT au profit du CIPS chinois, l’Égypte et ses partenaires des BRICS renforcent leur autonomie financière. L’Algérie, récemment admise à la Nouvelle Banque de Développement, s’inscrit dans cette dynamique de dédollarisation qui redessine les équilibres monétaires mondiaux.

L’Égypte et la Chine ont franchi un cap stratégique en officialisant l’usage du CIPS (Cross-Border Interbank Payment System) pour leurs échanges bilatéraux. Ce système, conçu par Pékin comme alternative à SWIFT, permet de régler les transactions en yuan, hors du circuit dollar. En 2023, le CIPS a traité plus de 123 000 milliards de yuans, en hausse de 21 % sur un an, et compte désormais 1 400 institutions membres dans 120 pays.

Un catalyseur de souveraineté monétaire

Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les BRICS+, où la dédollarisation devient un axe structurant. L’Afrique du Sud, membre historique, plaide depuis plusieurs années pour une diversification des devises dans les échanges Sud-Sud. L’Éthiopie, quant à elle, a signé en 2025 un accord stratégique avec la Chine pour intégrer ses infrastructures financières au CIPS, facilitant ainsi les investissements chinois dans les secteurs ferroviaire et énergétique.

Le 19 mai 2025, l’Algérie est devenue membre à part entière de la Nouvelle Banque de Développement (NBD), bras financier des BRICS. Alger a souscrit 6 140 actions au capital de l’institution, financées par le Trésor public. Cette adhésion marque un tournant pour le premier producteur africain de gaz, qui cherche à diversifier ses sources de financement hors des circuits occidentaux.

La présidente de la NBD, Dilma Rousseff, a salué l’entrée de l’Algérie comme un « renforcement de la position de la banque sur la scène mondiale ». Cette intégration pourrait ouvrir la voie à des financements en monnaies locales pour des projets d’infrastructure, en lien avec le CIPS. Le Nigeria, autre poids lourd africain, observe de près ces évolutions. Bien qu’il ne soit pas encore membre de la NBD, Abuja multiplie les échanges avec Pékin et Moscou sur des mécanismes de compensation hors dollar.

La NBD en chiffres

  • Créée en 2015, la NBD est la banque de développement des BRICS.
  • Elle a financé plus de 120 projets pour un total de 40 milliards USD.
  • L’Algérie a souscrit 6 140 actions au capital de la banque en mai 2025.
  • Parmi les nouveaux membres : Égypte, Éthiopie, Émirats, Bangladesh, Iran, Uruguay.
  • La NBD soutient des projets en infrastructures, énergie, transport et durabilité.
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