Toutefois, le maître de la Maison-Blanche laisse planer depuis quelques jours l’idée qu’il pourrait ne pas s’y rendre, alors que les négociations commerciales avec Pékin lui seraient défavorables.
Un géant issu de la mondialisation
Fondé en 1989, le forum APEC s’est donné pour mission de renforcer le libre-échange et la coopération économique entre les pays bordant l’océan Pacifique. Sa création s’inscrit dans la mondialisation et l’émergence de grands blocs économiques, comme l’Union européenne ou l’ALENA.
Avec 21 « économies » membres, l’APEC favorise une forte intégration régionale et constitue un poids lourd démographique et financier : plus de 2,9 milliards d’habitants, soit près de 40 % de la population mondiale ; plus de 60 % du PIB mondial ; en 2024, 59,1 % du commerce extérieur de la Chine s’est fait avec les économies de l’APEC, pour un total de 21 000 milliards de yuans (2 910 milliards de dollars).
Ce forum se distingue par la diversité de ses membres. Il regroupe les États-Unis, la Chine et la Russie, mais aussi les grandes économies asiatiques (Japon, Corée du Sud, Australie), les pays de l’ASEAN (Thaïlande, Singapour, Malaisie, Indonésie, Vietnam, Philippines, Bruneï), ainsi que les économies américaines du Pacifique (Canada, Chili, Mexique, Pérou). S’y ajoutent la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Taïwan.
Une coopération sans contrainte
Sur le plan opérationnel, l’APEC fonctionne à travers un réseau de réunions techniques, de groupes de travail et de comités spécialisés. Si le commerce et les investissements restent au cœur des discussions, les thèmes abordés se sont progressivement étendus au développement durable, à la sécurité alimentaire, à la santé et à l’éducation.
Le sommet annuel des dirigeants constitue le point d’orgue de l’année. Organisé à tour de rôle par chaque économie, il fixe les grandes orientations. Particularité notable : les décisions y sont prises par consensus, selon le principe de l’« engagement non contraignant ». Si elles n’ont pas force de loi, elles exercent une influence politique réelle, servant souvent de tremplin à des réformes régionales ou à des accords commerciaux.
Les pays du Sud et la bataille de l’influence
L’APEC est l’une des rares plateformes où dialoguent grandes puissances et économies émergentes. Pour des pays comme la Chine ou le Vietnam, elle permet de contester l’hégémonie occidentale de l’intérieur, de sécuriser des débouchés et de construire des alliances Sud-Sud.
Mais cette vision inclusive n’est pas partagée par tous. En 2016 est né le Partenariat transpacifique (PTP ou TPP), un accord de libre-échange réunissant douze pays de l’APEC – ainsi que le Royaume-Uni – mais excluant des acteurs majeurs comme la Chine, la Russie, la Corée du Sud ou l’Indonésie. En 2021, le Royaume-Uni, la Chine, la Corée du Sud et Taïwan ont demandé à rejoindre le TPP, mais seul Londres a, pour l’heure, obtenu une réponse positive.
Le forum commencera officiellement le 21 octobre par la réunion des ministres des Finances, mais des accords sont déjà en discussion. Parmi eux, la « Feuille de route pour accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus dans les économies de l’APEC 2026-2030 », élaborée en concertation avec l’OMS, visant les objectifs 90-70-90.