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Humberto Matheus/shutterstock
Caraïbes

Le Venezuela déjoue un projet d’attentat contre l’ambassade des États-Unis à Caracas

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Mise à jour le 10 octobre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Caraïbes États-Unis Venezuela Donald Trump

Le gouvernement du Venezuela, par la voix de Jorge Rodríguez, chef des processus de dialogue, a annoncé le 6 octobre la découverte d’un projet d’attentat visant l’ambassade des États-Unis à Caracas.

Cette opération aurait été préparée par des groupes d’extrême droite et visait à attaquer le bâtiment diplomatique à l’aide d’explosifs dans la soirée du dimanche 5 octobre ou le lendemain. Le gouvernement vénézuélien dénonce une opération de type « faux drapeau », dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis. Si cette attaque avait abouti, elle aurait pu servir de prétexte pour justifier une intensification de l’agression militaire des États-Unis, actuellement déployés dans la mer des Caraïbes, au large des côtes vénézuéliennes.

Le gouvernement affirme détenir les noms de personnes impliquées, basées « aux États-Unis ». Ces informations n’ont pas été rendues publiques mais ont été transmises au gouvernement américain « par trois canaux différents », afin qu’il prenne les mesures nécessaires à l’encontre des personnes concernées et renforce la sécurité du bâtiment à Caracas.

Les États-Unis n’ont plus d’ambassade officiellement active au Venezuela depuis la rupture des relations diplomatiques en 2019. Toutefois, le bâtiment reste propriété du gouvernement américain, qui y maintient une présence diplomatique minimale. Le Venezuela a renforcé la sécurité aux abords du site et rappelé que le respect des missions diplomatiques était « sacré ».

Un quatrième bateau attaqué dans la mer des Caraïbes

L’armée des États-Unis reste déployée dans la mer des Caraïbes, à proximité des côtes vénézuéliennes, et a détruit, vendredi 3 octobre 2025, une nouvelle embarcation, tuant quatre personnes. Il s’agit de la quatrième attaque de ce type depuis début septembre.

Washington affirme qu’il s’agissait de narcotrafiquants acheminant de la drogue depuis le Venezuela vers les États-Unis. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a publié sur X l’annonce de l’attaque, ainsi que la vidéo, précisant avoir agi sur ordre direct du président Donald Trump. Il a déclaré que l’embarcation « transportait une quantité substantielle de drogue, destinée aux États-Unis pour empoisonner notre peuple ».

Selon Hegseth, l’attaque aurait eu lieu « dans les eaux internationales, juste au large des côtes du Venezuela ». Il a conclu : « Ces frappes vont continuer jusqu’à ce que les attaques contre le peuple américain cessent !!!! ». Au-delà de ces frappes, qui constituent des exécutions extrajudiciaires de personnes non identifiées, sans preuves ni décision de justice, ce discours représente une menace explicite contre le Venezuela.

Depuis plusieurs années, Washington utilise l’argument de la sécurité intérieure pour justifier sa politique impérialiste à l’égard de Caracas. Cette stratégie s’est renforcée cet été, avec la prime de 50 millions de dollars offerte pour toute information conduisant à l’arrestation de Nicolás Maduro — présenté comme lié au trafic de drogue —, puis avec le déploiement militaire en cours dans les Caraïbes depuis la fin août.

Aucune preuve n’atteste que les personnes exécutées par l’armée américaine étaient impliquées dans le narcotrafic. Le gouvernement vénézuélien a exprimé son soutien aux pêcheurs côtiers susceptibles d’être visés par ces attaques. Rappelons que le Venezuela est l’un des pays les plus actifs de la région dans la lutte contre le trafic de drogue, ce qui rend les justifications américaines peu crédibles, y compris auprès de gouvernements voisins.

Est-il légal d’attaquer des bateaux en eaux internationales ?

Les exécutions extrajudiciaires menées par les États-Unis dans la mer des Caraïbes depuis début septembre 2025 sont illégales et constituent une violation du droit international et des droits humains. Washington est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui protège le droit à la vie. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, ainsi que plusieurs experts de l’ONU, ont condamné ces attaques.

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