À quelques jours du vote annuel de l’Assemblée générale des Nations unies sur la levée du blocus imposé à Cuba, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a accusé Washington d’avoir lancé une campagne mondiale d’intimidation.
Pressions et mensonges de Washington
Selon lui, les États-Unis ont adressé à plusieurs gouvernements d’Amérique latine et d’Europe des lettres menaçant de sanctions commerciales et de restrictions de visas s’ils votaient en faveur de La Havane. Reuters a confirmé l’existence de directives diplomatiques invitant les ambassades américaines à « encourager un comportement électoral différent ».
Comme chaque année depuis 1992, Cuba présentera sa résolution demandant la fin de ce blocus économique, commercial et financier en vigueur depuis plus de soixante ans. L’an dernier, 187 pays avaient voté pour, seuls Washington et Tel-Aviv s’y étant opposés.
Pour justifier l’injustifiable, les États-Unis tentent désormais de présenter Cuba comme une « menace pour la paix mondiale ». « C’est absurde et insultant », a rétorqué Rodríguez, rappelant que, par exemple, La Havane avait accueilli le sommet déclarant l’Amérique latine et les Caraïbes « Zone de paix ». Il a dénoncé une « hypocrisie indescriptible » : provoquer la faim et le désespoir tout en se posant en défenseur de la stabilité mondiale.
Autre axe de la campagne américaine : accuser Cuba d’envoyer des « mercenaires » combattre en Ukraine aux côtés de la Russie. Une « invention grotesque », selon le ministre, attribuée aux services de renseignement ukrainiens et relayée par certains élus proches des exilés cubains de Miami. Le ministère cubain des Affaires étrangères a rappelé sa « tolérance zéro envers les activités mercenaires » — une vingtaine de personnes ayant déjà été condamnées pour de tels faits.
Washington relance aussi sa vieille croisade contre les brigades médicales cubaines, qualifiées d’« esclavage moderne ». Un discours destiné à ternir l’image d’un pays dont plus de 600 000 médecins ont exercé dans 165 pays depuis 1963. « Là où les États-Unis envoient des bombes, Cuba envoie des médecins », résume le journaliste colombien Hernando Calvo Ospina.
Une solidarité mondiale toujours intacte
Malgré la campagne de désinformation, La Havane peut compter sur le soutien de la grande majorité des États membres de l’ONU. Car le blocus reste la principale cause des difficultés économiques de l’île, mais aussi l’un des symboles les plus flagrants de la persistance d’un ordre international fondé sur la force et la punition.
Soixante-trois ans après la révolution, Cuba n’a pas plié. Et chaque automne, l’Assemblée générale le rappelle au monde entier : il n’y a pas de démocratie possible tant qu’un peuple peut être puni pour avoir choisi une autre voie de développement.