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Humberto Matheus/shutterstock
Amérique du Sud

La solidarité régionale s’organise avec le Venezuela

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Mise à jour le 10 octobre 2025
Temps de lecture : 6 minutes

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États-Unis Cuba ALBA Venezuela CELAC

Le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino López, a évoqué le 19 septembre 2025 que le déploiement militaire états-unien relevait d’une « guerre non déclarée ». À travers cette offensive des États-Unis se manifeste une volonté de tester la société vénézuélienne et l’environnement régional. Face au coup de force américain dans la mer des Caraïbes, les pays de la région réagissent et serrent les rangs.

Le Parti communiste de Cuba (PCC) et le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) ont signé à Caracas un accord de coopération le 19 septembre 2025. Côté vénézuélien, c’est Diosdado Cabello Rondón, secrétaire général du PSUV, qui a signé ; côté cubain, Roberto Morales Ojeda, secrétaire de l’Organisation du comité central du PCC. Dans ce contexte de tensions régionales, cet accord marque une étape supplémentaire dans l’unité entre les deux pays, tous deux sous blocus des États-Unis.

L’unité renforcée entre Cuba et le Venezuela

Cabello Rondón a salué l’apport important de la Révolution cubaine pour le Venezuela afin d’apprendre à faire face à l’impérialisme : « Pendant toutes ces années, nous avons beaucoup appris de l’histoire de la lutte du Parti communiste cubain, de ses défis et de sa résistance face à l’impérialisme. » Il ajoute : « Nous avons un ennemi commun depuis toujours, mais aujourd’hui cet ennemi est plus vorace. Qui s’en prend à Cuba s’en prend au Venezuela et vice versa. » Pour sa part, Morales Ojeda a fermement condamné la provocation militaire états-unienne contre le Venezuela et affirmé la conviction du gouvernement cubain que le pays parviendra à défendre sa souveraineté : « Nous saluons la cohésion et l’unité du peuple et de toutes ses autorités comme une garantie qu’à cette occasion la Révolution bolivarienne, comme à maintes reprises par le passé, sortira renforcée », rappelant l’impératif de l’unité dans ces circonstances dangereuses.

Depuis la tribune de l’ONU, le 27 septembre 2025, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a mis en garde la communauté internationale contre les « menaces de guerre » dans les Caraïbes dues au déploiement militaire « de caractère offensif » des États-Unis. Il a réaffirmé le « soutien total » de Cuba au Venezuela et a dénoncé le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue utilisé par Washington pour justifier son opération, une « légende dans laquelle personne ne croit ».

Du 25 au 30 septembre 2025, le peuple cubain est également appelé, dans toute l’île, à venir apporter son soutien au Venezuela en remplissant des livres de solidarité. Cette campagne a été initiée le 25 septembre par le président cubain, Miguel Díaz-Canel.

D’autres chefs d’État et organisations régionales condamnent l’opération

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a condamné dès le 19 août cette opération, précisant : « Non à l’interventionnisme. Ce n’est pas qu’une conviction, c’est aussi dans notre Constitution. » L’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) — regroupant Antigua-et-Barbuda, la Bolivie, Cuba, la Dominique, Grenade, le Nicaragua, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Venezuela — a condamné l’opération militaire des États-Unis dès le 21 août et apporté son soutien au gouvernement vénézuélien.

La Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC), qui réunit l’ensemble des États du continent américain excepté les États-Unis et le Canada (soit 33 pays), a condamné, le 22 septembre, les menaces contre le Venezuela dans le cadre du déploiement militaire américain dans les Caraïbes. Le président brésilien, Lula da Silva, a dénoncé depuis l’ONU, le 23 septembre, les « exécutions extrajudiciaires » menées par le gouvernement de Trump dans les Caraïbes et rappelé l’impératif de défendre l’Amérique latine et la Caraïbe comme « zone de paix ».

Enfin, le voisin colombien, longtemps aligné sur les États-Unis jusqu’à l’arrivée de la gauche au pouvoir pour la première fois en 2022, a déclaré par la voix de son président, Gustavo Petro, le 24 septembre à l’ONU : « La politique antidrogue n’a pas pour but d’empêcher que la cocaïne parvienne sur le territoire des États-Unis, la politique antidrogue a pour objectif de dominer les peuples du Sud en général. » Dans le cas où des jeunes Colombiens se trouveraient parmi la vingtaine de victimes des attaques américaines, Gustavo Petro demande l’ouverture d’une procédure pénale contre Donald Trump.

Si l’opération militaire des États-Unis était destinée à tester, voire à fracturer, la solidarité régionale et la société vénézuélienne, elle est pour le moment mise en échec.

Rappel des faits

Depuis fin août 2025, les États-Unis, sous la houlette de Donald Trump et de Marco Rubio, ont déployé une forte présence militaire composée de huit navires de guerre, d’un sous-marin nucléaire et de dix chasseurs F-35 sur une base à Porto Rico, supposément pour lutter contre le trafic de drogue. Washington, qui ne reconnaît pas le gouvernement vénézuélien comme légitime, a mis début août une récompense de 50 millions de dollars pour tout élément permettant l’arrestation du président vénézuélien, Nicolás Maduro, que l’administration Trump considère désormais comme le chef d’un « cartel narcoterroriste ».

En réaction, le gouvernement vénézuélien, qui voit dans cette opération une tentative de changement de régime visant à s’emparer des ressources naturelles du pays, en particulier du pétrole, a lancé un plan de mobilisation de l’armée et de la population. Cette mobilisation comprend notamment 25 000 militaires aux frontières et plus de 4,5 millions de personnes au sein des milices populaires en alerte.

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