Que pensez-vous de la demande d’inculpation, par le procureur de la Cour pénale internationale, de Benyamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, en même temps que de trois responsables du Hamas ?
Le fait que la Cour pénale internationale demande à poursuivre Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, et que ce soit soutenu par la France, est une très bonne nouvelle. Il faut que la justice internationale passe. Quant à savoir s’il faut mettre sur le même plan les dirigeants israéliens et ceux du Hamas, je crois que ce n’est pas un débat intéressant. Tout le monde a des comptes à rendre.
Cependant, le pouvoir israélien n’en a cure tout comme il se moque de la Cour internationale de Justice en poursuivant ses frappes. Le droit international s’applique à géométrie variable. Certains états sont dans des logiques d’alliance et pas dans des logiques de respect du droit international. Cela ne peut pas durer. Si on veut un monde apaisé, si on veut travailler sur des perspectives de paix, il faut remettre du droit et il faut que la communauté internationale le fasse respecter. Le renoncement à faire appliquer le droit ne peut qu’aggraver les situations de tension qui se développent aujourd’hui.
En tant qu’élu, comment ressentez-vous les pressions assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme ?
Nous avons été soumis à cela depuis quelque temps déjà, bien avant les attentats du 7 octobre. On disqualifie notre propos en l’accusant de faire la part belle à l’antisémitisme.
C’est trop grave pour qu’on en fasse des paravents politiques. L’antisémitisme est un délit et dans notre histoire, nous avons toujours été du côté de ceux qui bataillent contre cela. Ça n’a pas changé. Pour autant, il ne nous doit pas être interdit de critiquer la politique d’Israël. On doit pouvoir critiquer la politique d’un État sans se voir opposer des interdits. Faut-il rappeler que le gouvernement d’Israël est un gouvernement d’extrême droite ? On peut le dénoncer sans devoir subir des attaques honteuses et déshonorantes.
Que pensez-vous de la manière dont réagit Joe Biden contre le procureur de la CPI ?
Joe Biden doit aussi rendre des comptes à la population américaine au regard des mobilisations qui se déroulent aux États-Unis pour que ceux-ci prennent une autre position à l’égard du conflit israélo-palestinien. On voit bien l’importance des mobilisations pour aller dans un autre sens. Mais il est certain que la position américaine actuelle est un verrou.
Mais ici, justement, les mobilisations se heurtent toujours au même débat autour du soutien « inconditionnel » à Israël et contre les antisionistes dits radicaux comme Rima Hassan. Quelle est votre position ?
La gravité de ce qui se passe à Gaza et dans la région appelle à beaucoup de dignité et de responsabilité. Il ne faut pas instrumentaliser ce qui se passe là-bas. Il faut s’en occuper en tant que tel pour faire avancer les choses. Le dialogue est difficile, mais il faut continuer. Ce n’est pas d’aujourd’hui que le Parti communiste mène une bataille pour faire respecter les droits du peuple palestinien et pour défendre une solution à deux états.
Emmanuel Macron ne veut toujours pas reconnaître l’État palestinien. Il dit que ce n’est pas le moment.
Je pense qu’il faut reconnaître l’État de Palestine et que la France doit prendre des initiatives plus rigoureuses en ce sens pour que cette solution devienne incontournable et soit véritablement débattue dans les instances internationales. Il ne peut y avoir que des solutions politiques à ce conflit. La paix est une construction politique. Il faut s’en occuper.