En effet, Macron s’autorise déjà à remplacer le président odieusement kidnappé, alors qu’il a été, momentanément, remplacé dans ses fonctions, sur décision de la Cour suprême du pays, par la vice-présidente, Delcy Rodríguez : « La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024 (sic), puisse assurer au plus vite cette transition ».
Pas très étonnant pour quelqu’un qui se fiche chez lui-même de l’opinion et surtout des résultats du suffrage universel.
Macron reproduit dans la politique étrangère ce qu’il pratique dans la politique intérieure. Il piétine, derrière le pouvoir américain, sur lequel il s’aligne, le droit international, comme il piétine la démocratie en France.
Il fut un temps où la France parlait avec sa propre voix : avec de Gaulle et son discours à Phnom Penh, le 1er septembre 1966 ; avec Chirac et de Villepin, le 14 février 2003 au Conseil de sécurité de l’ONU.
Alors que Trump, Macron et ses amis européens sont de plus en plus isolés face au « Sud global » ou la « majorité mondiale », la réaction du président français devant le crime que constitue l’enlèvement sur son territoire d’un président légitime ne peut qu’encourager tous ces pays à se défier de l’Occident et à trouver des points d’appui et alternatives dans les configurations anti-impérialistes que constituent déjà les BRICS+ et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Bref, Macron se tire une balle dans le pied et entraîne, avec Trump, son camp dans un fiasco historique. L’impérialisme, il est vrai, s’il n’a plus de beaux jours devant lui, conserve une capacité de nuire, une capacité criminelle comme Trump en fait la démonstration avec l’enlèvement de Nicolas Maduro si frénétiquement salué par le chef de l’État français.
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Cependant le monde a commencé à changer. Avec la Chine, la Russie, des dizaines de pays, soutenus par des centaines d’autres, ont entrepris de se débarrasser des « règles » qu’une poignée d’États voyous leur imposaient, sans vergogne, depuis des siècles.
Il n’y aura pas de retour en arrière en dépit des défaites qui peuvent encore survenir ici ou là. Le temps de la politique de la canonnière, à laquelle Trump semble encore croire, est révolu. L’époque des prédations coloniales ne reviendra plus.
Trump, Macron et consorts sont déjà des anachronismes. Comme on le chantait autrefois :
« Une autre terre se dessine
Une autre chair est enfantée
C’est le bonheur qui prend racine
Et qui devient réalité ».