Depuis des semaines, le gouvernement voudrait imposer à la société un régime de sévère réduction de la dépense publique et l’on découvre, d’autres que nous en tous cas, que le haut du panier échapperait totalement à l’impôt.
Il nous faut rappeler ici les termes de l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme du 26 août 1789 : « Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable, elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »
C’est avec cette dernière phrase que l’on mesure le fond du sujet. Depuis que l’impôt sur le revenu a été institué dans notre République il y a 112 ans, les plus riches ont mené une bataille intense contre cette idée. Parallèlement, ils se sont ingéniés à inventer des systèmes afin d’y échapper le plus possible.
En langage courtois, en 2026, on parle d’« optimisation fiscale » à travers les holdings, les sociétés écrans créées entre les milliardaires et l’impôt. Une véritable ingénierie financière, une armée de spécialistes pointus, l’existence de dizaines de paradis fiscaux dans le monde, y compris au cœur de l’Union européenne.
Tout cela permet aux États de se livrer une concurrence fiscale effrénée, la fiscalité étant devenue un « avantage compétitif » dans cette jungle mondiale sans foi ni règles. Ce gouvernement sait, et n’agit pas. Notre pays devrait prendre la tête, dans l’Union européenne, de cette bataille essentielle de la justice fiscale qui donnera aux États les moyens de relever les grands défis d’aujourd’hui.