En juillet 2011, Annie Dubois, nièce de Jean-Marie Fossier, présidente de l’association Les Orphelins de Résistants et l’association Création Recherche Innovations sociales se retrouvaient à Huy (Belgique). Le fort perché sur un piton avait servi durant l’Occupation de camp de déportation pour Résistants belges et ceux du Nord de la France. Le 11 juin 1941, 273 mineurs du Nord – Pas-de-Calais y furent enfermés. Le 26 juillet, 244 furent déportés de Huy au camp de Sachsenhausen. Cent-trente-six ne reviendront pas ! Pendant quinze jours, tous avaient osé la grève !
Cette rencontre fut un premier jalon. Dès 2014, Christian Champiré, maire de Grenay, noua chaque année des liens avec ce lieu chargé de mémoire et sa municipalité.
« Nous nous réunissons aujourd’hui avant tout, afin de rendre hommage aux 273 mineurs français déportés par l’armée allemande au Fort de Huy. Essayez d’imaginer ; du 27 mai 1941 au 9 juin 1941 : la guerre n’a pas encore tourné à l’avantage des alliés mais 100.000 mineurs du nord de la France sont en grève ».
Leurs combats : améliorer leurs maigres conditions de travail et « broyer » la machine de guerre nazie. Des drapeaux rouges et des croix de Lorraine flottent sur les terrils ; c’est la plus grande grève sous l’occupation.
En représailles, les nazis enverront les mineurs dans des camps. 273 passeront par Huy avant de rejoindre Sachsenhausen. Beaucoup n’en reviendront jamais…
Aujourd’hui, souvenons-nous de cet acte de résistance incroyable, accompli par ces hommes et ces femmes ordinaires. Leur sacrifice ne doit pas être oublié et doit être une leçon pour nous tous.
Souvenons-nous de leur courage et de leur détermination !
Souvenons-nous que l’union fait la force !
En ces temps incertains, en Belgique comme en France, en Europe et dans le monde ; souvenons-nous, à travers les années, de la leçon de ces mineurs français.
Notre travail, pour ne pas dire « notre devoir », à nous, tous et toutes, ne doit pas se limiter à transmettre le souvenir des morts, mais à partager les valeurs que vivants, ils nous ont transmis …
Unis et solidaires, les gens du commun deviennent des gens hors du commun. Face aux défis qui surgissent devant nous, les progressistes d’aujourd’hui doivent faire écho aux leçons du passé, pour construire une société que nous rêvons juste, inclusive et tolérante.
L’espoir est comme un feu ; soufflons tous et toutes sur ses braises pour le vivifier.
Autour des élus de Huy et de Christelle Buissette, maire de Grenay, une centaine de personnes ont rendu hommage à nos aînés ; des jeunes de Grenay ont, avec force, pris la parole devant la stèle.
À une balade dînatoire sur la Meuse et la visite guidée du Fort, toutes et tous se sont retrouvés dans la salle d’honneur de l’Hôtel de Ville. Le travail commencé il y a treize ans portait ses fruits. Le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, et la maire de Grenay signaient un pacte de jumelage entre les deux villes.
Ainsi se sont renforcés les liens d’amitié, d’histoire et de coopération. Déjà, de multiples projets sont prévus afin que les populations et surtout la jeunesse des deux villes puissent s’emparer et faire vivre ces pages d’Histoire qui parlent d’avenir et de paix !