Petits pas par petits pas, la France a dû s’adapter à des transformations profondes.
Une longue destruction
Le Traité de Rome, signé en 1957, a marqué la naissance de la Communauté Économique Européenne (CEE) et posé les fondations de la coopération économique entre les États membres.
La France présidée par de Gaulle s’est retirée temporairement des réunions du Conseil des ministres de la CEE dans la politique dite de la chaise vide, pour protester contre les tentatives de supranationalité et défendre le droit de veto dans les décisions importantes. Ensuite, « Au nom de l’Europe », les dirigeants successifs ont tout accepté.
Dès 1983, la monnaie unique était en préparation, dictée par l’Allemagne dans les pas du monétarisme des États-Unis prônant une monnaie forte.
L’adoption du franc fort pour préparer l’Euro a conduit à une récession et une flambée du chômage en France. La dette de la France a doublé en deux ans, atteignant 3 000 milliards de francs.
L’Acte Unique, adopté en 1986, a accentué l’intégration européenne en introduisant la libre circulation des capitaux, pour préparer l’instauration de la monnaie unique. Cette mesure a conduit à une financiarisation accrue de l’économie européenne et à la fin des monopoles publics tels qu’EDF/GDF, La Poste et la SNCF, détruisant la loi de 1946 issue du programme du CNR qui instituait ces entreprises.
Le traité de Maastricht, signé en 1992, a été un point de basculement. Ce traité posait un problème fondamental, car le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation, comme énoncé dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et réaffirmé par la Constitution française. En 1976, le Conseil constitutionnel déclarait : « La souveraineté […], tant dans son fondement que dans son exercice, ne peut être que nationale. » En 1992, une révision constitutionnelle controversée (« les transferts de compétences nécessaires à l’établissement de l’Union économique et monétaire ainsi qu’à la détermination des règles sur le franchissement des frontières extérieures des États membres sont autorisés. ») a permis l’adoption de ce traité, malgré les objections initiales du Conseil constitutionnel.
Jacques Chirac, dans une tentative de sauvegarder la souveraineté nationale, s’est opposé aux traités d’Amsterdam et de Nice sous fond de grèves massives de 1995 contre les réformes des retraites (déjà) impulsée par la construction européenne. En 1996, malgré ses réticences initiales, il finit par céder, marquant la libéralisation totale des services publics en 2000.
Une scène du film montre comment, à la télévision, il affirme que les services publics français seront protégés alors qu‘un mois après cette intervention, son ministre signe à Bruxelles le texte qui les abat !
Depuis l’adoption de l’euro en 2002, la France a connu une hausse de la dette, une baisse du niveau de vie et une désindustrialisation massive. L’Union européenne, loin de protéger les intérêts des citoyens, s’est mise au service des grandes multinationales et des puissances financières.
L’Union européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, est vouée à l’échec. Les citoyens n’ont plus leur mot à dire ; ils ont perdu leur souveraineté et la maîtrise de leur avenir et de celui de leurs enfants.