On sait bien qu’un nuage termine sa carrière en déversant sa cargaison liquide sous forme de pluie, était-ce donc vraiment utile de s’en assurer en montant sonder les entrailles de ces voyageurs poussés par le vent ? Doit-on aussi s’interroger sur ce que ces chercheurs s’attendaient à trouver en dehors d’une eau sous forme de gouttelettes en suspension ? Un peu de poussière peut-être, ou ce sable poussé par le Sirocco qui nimbe parfois d’un reflet jaunâtre notre environnement ?
En fait, la réalité est beaucoup plus complexe. C’est ce que décrivait une jeune chercheuse en concourant pour « Ma thèse en 180 secondes » le 14 avril 2025 et en y obtenant le prix des internautes
Elle décrivait comment mettre les nuages en bouteille, en aspirant leur contenu. Puis, elle nous faisait découvrir que cette soupe était un mélange de particules, et même de micro-organismes. Et qu’après l’avoir passée dans un appareil capable d’en décrire toute sa composition, d’y trouver la présence de relations chimiques complexes
Si entre avril et septembre certains privilégient leurs vacances, ce ne fut pas le cas de l’équipe de Clermont-Auvergne. Car la suite s’avèrera extraordinaire, voire angoissante, quand on a appris que 140 tonnes de pesticides circulent au-dessus de nos têtes.
C’est ce qu’a mis en ondes Radio-France le dimanche 21 septembre : « Des chercheurs du laboratoire de météorologie physique de l’université de Clermont-Ferrand, aidés de collègues italiens, ont découvert 32 substances différentes : des herbicides, des insecticides, des fongicides et même des produits interdits depuis plusieurs années. Ils ont collecté six échantillons de nuages à différentes saisons et ont constaté que la moitié d’entre eux contenaient des concentrations supérieures aux limites fixées par l’Union européenne pour l’eau potable. »
Et comme les nuages ne connaissent pas les frontières, il pleut donc partout des pesticides. Ces poisons sont déversés sur l’ensemble du globe, même dans des régions exemptes de traitements, comme les pôles ou les montagnes, et aussi sur les cultures Bio, sur les ruches, comme sur les usines de traitement des eaux.
Il est bien évident cependant que l’utilisation locale de pesticides augmente les risques comme le souligne une étude récente sur les riverains des vignobles, mais comment va se poser maintenant la question des citernes qui abreuvent des millions de Terriens ?
Si l’extraordinaire succès de la pétition contre la loi Duplomb n’a pas permis de sauver toutes les abeilles et les autres pollinisateurs, faut-il se résigner à l’empoisonnement en le considérant comme inéluctable ? Ou faut-il se saisir du danger sanitaire porté par des nuages sans frontières, pour s’entendre entre Terriens et exiger des lois qui protègent des pratiques d’une agro-industrie qui veut ignorer tout ce qui ne concerne pas ses bénéfices ?
Références :
Mademoiselle Pauline Nibert, « Ma thèse en 180 secondes »
Radio France