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Agriculture

Le coton pousse désormais dans le désert égyptien

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Mise à jour le 28 septembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Agriculture BRICS Environnement Afrique Égypte

Dans le Sud-Sinaï, l’Égypte vient de réussir l’impensable : cultiver du coton dans une zone désertique. Une prouesse agronomique qui bouscule les idées reçues sur l’avancée inexorable du désert. À l’image d’autres initiatives dans le monde, cette réussite illustre une reconquête silencieuse des terres arides par la science et l’innovation.

À El-Tor, dans la péninsule du Sinaï, les chercheurs égyptiens ont cultivé avec succès du coton dans des conditions extrêmes. Grâce à des techniques d’irrigation modernes, probablement du goutte-à-goutte, et une fertilisation optimisée, six génotypes ont été testés, dont les célèbres variétés Super Giza 86, 94, 97 et trois souches expérimentales. En 127 jours, les plantes ont résisté à la sécheresse, à la salinité et aux fortes températures, démontrant une adaptation remarquable.

Quand le désert recule

Ce projet, soutenu par le ministère de l’Agriculture, vise à transformer les zones arides en pôles agricoles viables. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurité alimentaire et de diversification des revenus ruraux. Le gouvernement prévoit d’étendre cette approche et former les agriculteurs aux nouvelles pratiques.

Contrairement aux idées reçues, le désert n’avance pas partout. En Chine, les déserts de Gobi et de Taklamakan sont le théâtre d’une reconquête écologique spectaculaire. Des programmes de reforestation massifs y sont menés pour stabiliser les sols, freiner l’érosion et créer des microclimats propices à l’agriculture. Ces efforts ont permis de ralentir l’expansion désertique et même de reverdir certaines zones.

L’Égypte, à travers son expérimentation dans le Sinaï, s’inscrit dans cette dynamique mondiale où les terres arides deviennent des laboratoires de résilience climatique. Ces initiatives montrent que l’innovation agricole peut inverser la tendance et transformer les déserts en espaces de production durable.


Le bol de riz, entre dépendance et reconquête

Le riz est l’un des piliers de l’alimentation mondiale, consommé quotidiennement par plus de la moitié de la population de la planète. En Afrique subsaharienne, sa consommation a fortement augmenté, notamment dans les zones urbaines, faisant du « bol de riz » un symbole culturel et nutritionnel. Pourtant, la majorité du riz consommé est importée, principalement d’Asie, exposant les pays africains à une forte vulnérabilité économique et géopolitique.

Face à cette dépendance, plusieurs États africains ont engagé des partenariats stratégiques avec le Vietnam, deuxième exportateur mondial de riz. Depuis les années 1980, le Vietnam a envoyé des centaines d’experts en riziculture intensive dans des pays comme le Sénégal, le Mali, le Bénin ou le Mozambique. Ces coopérations Sud-Sud, souvent soutenues par la FAO ou la JICA, visent à transférer des savoir-faire, améliorer les rendements et renforcer les capacités locales.

Au Sénégal, par exemple, des accords récents ont été signés pour atteindre l’autosuffisance rizicole d’ici 2035, avec des échanges techniques et des formations sur les systèmes à haut rendement et faibles émissions.

Ces initiatives montrent que le « bol de riz » peut devenir un levier de souveraineté alimentaire, à condition d’investir dans la recherche, la maîtrise de l’eau et la coopération internationale.

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