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Sidérurgie

Pas de nouvelle industrialisation sans acier

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Mise à jour le 20 août 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Sidérurgie Décarbonation

Personne n’aurait imaginé se poser la question il y a 10 ans. Produira-t-on encore de l’acier en France dans les années qui viennent  ? L’alarmisme n’est pas de mise, mais le bruyant désengagement d’ArcelorMittal laisse planer cette idée.

Bien sûr, les géants du secteur se garderont bien de « choquer » les esprits et de tout faire disparaître. Ils pourraient préserver des activités « à froid » et faire venir des brames d’acier d’autres continents, comme c’est déjà le cas à Dunkerque. Mais il faut mesurer les conséquences d’un tel recul : l’automobile, le bâtiment, la production de ciment, de chaux, la chimie, tous les secteurs seraient sacrifiés sur l’autel d’une pareille désintégration. Les syndicats le martèlent et veulent se faire entendre : « l’acier, c’est la colonne vertébrale de l’industrie française ».

Une demande toujours plus forte

Les magnats de la sidérurgie justifient leur retrait du vieux continent par des « surcapacités structurelles ». En bon français, il y aurait une production trop élevée par rapport à une demande en berne, notamment dans l’automobile (qui capte une grande partie de la production d’acier). En réalité, s’il y a effectivement eu une baisse de la consommation d’acier depuis 2010, cela s’explique par un ralentissement de la production industrielle globale et de l’urbanisation. En d’autres termes, la baisse de la demande d’acier se fait voir lorsqu’il y a désindustrialisation  ; à l’inverse, la consommation ne peut que croître dans une dynamique de réindustrialisation.

Et toutes les études sont claires à ce sujet : les nouveaux besoins liés à la transition écologique et l’implantation de nouvelles industries vont nécessiter une production sidérurgique très forte. Pour la Commission européenne, il faudra produire 16 millions de tonnes supplémentaires chaque année jusqu’en 2050, simplement pour répondre aux objectifs en matière d’éolien. Cela correspond à une augmentation de 11 % par rapport à la consommation européenne actuelle. Dans ses prévisions, l’ADEME fait le même constat pour la France.

Pour répondre à cette future demande, les investissements devraient être engagés dès maintenant. Dans un tel secteur, il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour former des jeunes, pour rénover – voire construire – des hauts-fourneaux, électrifier une partie de la production et engager les raccordements. Force est de constater que des surcapacités momentanées seront nécessaires pour répondre demain à la demande  ; et cette stratégie ne peut qu’être engagée par un État « stratège ».

La sidérurgie et le ciment, une histoire de laitiers

Le lien entre la sidérurgie et la cimenterie ne se limite pas à leur complémentarité dans la construction. Elle repose aussi sur un composant méconnu, mais essentiel : les laitiers, des sous-produits de la production d’acier.

Qu’est-ce qu’un laitier ?

Pendant la fabrication de l’acier, le laitier se forme lors de la fusion du minerai de fer et de la fonte. Ce résidu minéral, composé de silicates, d’oxydes et d’autres éléments, est récupéré et valorisé.

Les laitiers sidérurgiques, une fois refroidis et broyés, sont utilisés comme ajout cimentaire dans la production de ciment. Ils apportent des propriétés intéressantes. Les ciments qui contiennent du laitier sont plus durables et résistent mieux aux agressions chimiques. De plus, leur utilisation diminue la quantité de clinker (le composant le plus émetteur de CO₂ dans le ciment), ce qui contribue à décarboner l’industrie cimentière.

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