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Sam Moghadam/unsplash
Des chiffres records

Près de 70 000 défaillances, le naufrage silencieux du tissu productif

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Mise à jour le 24 octobre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Industrie Emploi

La France vient de franchir un seuil que l’on n’avait plus vu depuis la crise de 2009. En septembre 2025, près de 6 800 entreprises ont fait défaut en un seul mois. C’est le nouveau visage de l’économie française, un tissu productif qui se fissure, atelier après atelier, commerce après commerce.

Sur le seul troisième trimestre, 14 371 défaillances ont été enregistrées, menaçant 52 000 emplois. Depuis janvier, plus de 50 700 entreprises ont déjà basculé, soit 1 600 de plus qu’à la même période l’an dernier. En cumul sur douze mois, le cap des 69 600 procédures est désormais franchi. On ne parle donc plus de « rattrapage post-Covid », mais d’un nouveau régime d’instabilité.

Un choc diffus, au cœur des territoires

Ce qui frappe, ce n’est pas une vague spectaculaire de faillites de grands groupes. Les effondrements massifs se comptent, ils sont rares. Non, ce qui cède aujourd’hui, c’est la base : les TPE, les microentreprises, ces structures de moins de trois salariés qui forment l’ossature concrète du pays. La mécanique d’alerte est toujours la même, entre trésorerie à sec, retards de paiement – subis par 86 % des entreprises –, commandes en recul, et banques plus frileuses.

Même les PME de 10 à 19 salariés basculent plus nombreuses (+13 % sur le trimestre), tandis que l’industrie manufacturière (+17 %), les services aux entreprises (+9 %) et jusqu’à l’optique (+40 %) enregistrent des hausses inédites. Les défaillances de structures de plus de 100 salariés restent « limitées », mais menacent à elles seules près de 10 000 emplois.

L’été a balayé les illusions d’un palier atteint au printemps. Dans de nombreuses régions – Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Corse – le troisième trimestre a ravivé une tension qui n’est plus un cycle, mais une condition permanente. Un tiers des procédures sont désormais des redressements ou sauvegardes ; dernier réflexe avant la liquidation.

On peut annoncer une stabilisation autour de 69 000 défaillances sur l’année. Mais stabiliser quoi ? Les chiffres stagnent parce que le tissu, lui, se rétracte. Derrière chaque fermeture, il n’y a pas un « cas économique », il y a la disparition d’un métier, d’un savoir, d’un ancrage local.

Un pays qui laisse mourir ses petites entreprises finit toujours par découvrir, trop tard, qu’il n’a plus d’économie réelle — seulement des bilans et des chiffres sur un tableur Excel.

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