Le bâtiment en repli
Selon la FFB, l’activité du secteur devrait reculer de 6,6 % en 2024, plombée par une baisse de 15,6 % dans la construction neuve, dont -21,9 % dans le logement. L’organisation patronale prévoit un recul similaire en 2025 (-14,6 % pour la construction neuve) et alerte sur des risques d’ampleur pour l’emploi : 100 000 suppressions de postes seraient à craindre en 2025, après 30 000 disparitions en 2024.
Olivier Salleron, président de la FFB, dénonce la situation politique, indiquant avoir « besoin d’un cadre clair pour inciter à l’investissement dans la pierre. » Et d’ajouter que de « laisser les entreprises sans visibilité est une erreur ».
Du côté des syndicats, le discours diverge. « La baisse d’activité est un problème, mais la priorité doit aller aux salariés touchés par cette crise et à la construction de logements sociaux », rappelle la CGT Construction. La fédération demande que les fonds publics soient davantage orientés vers des projets répondant aux besoins des ménages modestes.
Des associations environnementales appellent aussi à revoir les priorités. « Plutôt que d’encourager une relance des constructions neuves, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur la rénovation énergétique du parc existant, qui est crucial pour la transition écologique », pointe un porte-parole du Réseau Action Climat.
Des pistes pour éviter la casse
Les travaux d’amélioration et d’entretien, légèrement en hausse en 2024 (+1,2 %), pourraient être un levier pour amortir la crise, mais leur progression reste limitée (+0,9 % prévue en 2025). Malgré les aides à la rénovation énergétique, ces segments peinent à compenser la chute de la construction neuve.
La FFB appelle à des mesures rapides pour éviter une récession de -5,6 % en 2025. Mais pour les syndicats de travailleurs, cette crise met en lumière l’inefficience des politiques menées, favorisant les intérêts des entreprises au détriment de solutions d’avenir.