Les marchés financiers font déjà pression sur la France : baisse de l’indice du CAC 40 en Bourse (-2 % lundi), hausse des taux d’intérêt des emprunts (3,58 % contre 3,5 % dernièrement), baisse de la parité de l’euro (-0,5 % par rapport au dollar).
La tutelle financière
La finance se déclare prête à mener la guerre à notre pays et à nous asphyxier si elle n’obtient pas les décisions souhaitées. Une vieille méthode d’intimidation. C’est ce qui s’est passé en Grèce dans la décennie précédente, où les taux d’intérêt ont explosé pour mettre ce pays en défaut de paiement. Sans possibilité d’emprunter, un pays fortement endetté se retrouve à ne plus pouvoir payer les dépenses courantes.
À défaut de décider elle-même de sa politique monétaire, la France pourrait se tourner vers la Banque centrale européenne, qui conditionne son aide (prêts, rachats de titres de dette, recapitalisation…) à l’application de mesures politiques par le pays en difficulté. Il s’agit en particulier de la réduction du déficit public. La Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI peuvent alors imposer des politiques d’austérité et de privatisation dans un programme « d’ajustement ».
Placer un pays sous tutelle financière est possible pour les institutions européennes. Dans L’Express, Desmond Lachman, ancien directeur du FMI, menace la France de graves répercussions si Emmanuel Macron ne démissionne pas.
Garder la main sur la défense et l’international
Quel que soit le gouvernement, Emmanuel Macron compte bien préserver sa chasse gardée sur les armées et les affaires étrangères. Comme depuis longtemps en France, ces deux sujets sont placés hors du débat démocratique.
En cause, notre appartenance à l’alliance atlantique (OTAN), les engagements financiers pris par Ursula von der Leyen en faveur des États-Unis d’Amérique, et la participation de la France à la guerre de l’OTAN en Ukraine.
L’ancien Premier ministre Lecornu s’est même montré prêt à lâcher sur la question des retraites mercredi soir sur France 2. Si le Président peut s’assurer un gouvernement de cohabitation qui ne remettra pas en cause les alliances de la France et ses choix de politique internationale, il semble désormais ouvert à certaines concessions sur les affaires sociales.
À en croire Lecornu, Emmanuel Macron a les yeux tournés vers la situation en Kanaky, qui participe de la place de l’OTAN en Asie-Pacifique. Confirmer la hausse des dépenses militaires est également une priorité pour l’Élysée.
Le mur de l’argent et de l’impérialisme se fait de plus en plus ressentir. Qui est prêt à passer au travers ?