Derrière la ruée vers le métal jaune, ce n’est pas seulement la peur des conflits ou l’agitation diplomatique qui s’exprime, mais bien le doute grandissant vis-à-vis du cœur même du système monétaire international.
Les banques centrales ouvrent la marche
La lecture dominante se limite souvent à une explication par la géopolitique. Tensions commerciales, conflits armés, incertitudes autour de la politique monétaire américaine. Ces facteurs jouent évidemment. Mais ils ne font qu’accélérer un mouvement engagé de longue date. Depuis la crise financière de 2008, une partie croissante de la planète cherche à réduire sa dépendance au dollar. Ce mouvement discret, progressif, mais constant porte un nom : la dédollarisation.
Ce sont d’abord les banques centrales qui donnent le tempo. Mois après mois, elles accumulent de l’or à un rythme inédit depuis des décennies. Chine, Russie, Inde, mais aussi de nombreux pays émergents, renforcent leurs réserves. Non par nostalgie de l’étalon-or, mais parce que le métal jaune redevient un outil de souveraineté. Un actif hors circuit, impossible à sanctionner, impossible à geler d’un simple trait de plume.
L’épisode des avoirs russes gelés par les…