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Équipementiers automobiles

Michelin baisse ses objectifs, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

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Mise à jour le 28 octobre 2024
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Automobile

Michelin annonçait en début octobre vouloir suspendre temporairement la production dans plusieurs de ses usines françaises d’ici à la fin de l’année. Les sites de Troyes (Aube) et du Puy-en-Velay (Haute-Loire), spécialisés respectivement dans les pneus agricoles et le génie civil, seront arrêtés pendant environ trois semaines, entraînant des périodes de chômage partiel pour les salariés.

La dégradation du marché européen de l’automobile n’épargne personne. Le groupe indiquait hier avoir baissé ses objectifs financiers pour l’année, rejoignant ainsi une longue liste d’équipementiers et de constructeurs. Malgré un recul de ses ventes à hauteur de 3,4 % sur les neuf premiers mois de l’année, le spécialiste de la pneumatique croit à une situation « conjoncturelle ».

Une « conjoncture » qui fait mal

Florent Menegaux, Directeur général du groupe, tente tant bien que mal de rassurer les travailleurs en répétant « qu’on ne ferme jamais de site pour une question de conjoncture  ». Mais les salariés et leurs syndicats le savent, la crise du secteur automobile prend chaque jour un visage plus structurel. Les nouvelles stratégies industrielles développées par les constructeurs chinois, les investissements parfois mal ciblés par les européens, l’accumulation de retards technologiques  ; autant de facteurs qui semblent creuser les difficultés rencontrées.

Conséquences directes, la production a été diminuée par deux dans plusieurs usines au Bibendum. Pour les 17 000 salariés français du groupe, il semble que les éléments de langages sur les raisons « conjoncturelles » de cette baisse sont loin d’être suffisants. En 2020, déjà, l’usine de la Roche-sur-Yon (Vendée) avait été fermée, entraînant plus de 600 personnes. En 2023, l’équipementier annonçait la fermeture progressive de plusieurs sites à l’étranger, dont un en Allemagne et un aux États-Unis, entraînant cette fois près de 3 000 travailleurs.

Un enchaînement de décisions qui ne rassure en rien les travailleurs de l’hexagone, qui craignent d’être les « prochains sur la liste ».

Des discussions rompues

Un fait rare dans l’histoire du groupe, si ce n’est unique, les organisations syndicales ont déclenché un droit d’alerte économique avant l’été. De nombreuses réunions ont depuis eu lieu avec le patronat, jusqu’au gel des discussions le 16 octobre dernier, au sortir d’un Comité d’entreprise central. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC, de FO et de SUD, estime que « Michelin joue la montre avant d’éventuelles annonces visant à supprimer des emplois en France, voire au-delà, et ne respecte pas les salariés ni leurs représentants. »

Si le secteur se porte effectivement très mal, pour des raisons parfois extérieures aux industriels, les syndicats rappellent que «  la stratégie de marge du groupe ne va pas dans le sens d’un développement  ».

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