Dès vendredi, Aumovio, équipementier allemand, a été la première entreprise à annoncer la reprise de ses approvisionnements en puces Nexperia depuis la Chine. Après en avoir fait la demande quelques jours plus tôt, elle a obtenu une dérogation qui lui a permis de maintenir son activité. Honda, deuxième constructeur automobile japonais, a également signalé la reprise partielle de ses livraisons, après avoir suspendu la production dans une de ses usines mexicaines la semaine passée.
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La dépendance européenne mise à nu
Quelques jours plus tôt, Bloomberg rapportait que La Haye était « prête à céder le contrôle de Nexperia si l’approvisionnement en puces reprenait ». Côté chinois, le ministère du Commerce a salué dimanche dans un communiqué « les efforts de l’UE pour inciter les Pays-Bas à rectifier leurs erreurs » et espéré que Bruxelles « intensifierait encore » sa médiation.
Avec une dose de caricature, on pourrait dire que le gouvernement néerlandais s’est retrouvé bien vite en rase campagne : isolé, sans soutien des États-Unis ni des autres chancelleries européennes – et encore moins des industriels, qui se sont empressés de traiter directement avec Pékin.
Une détente amorcée
Tout est parti de La Haye. En octobre 2025, le gouvernement néerlandais a dégainé une vieille loi pour prendre de fait le contrôle de Nexperia. Officiellement, il s’agissait de répondre aux inquiétudes américaines, Washington jugeant la gestion chinoise « risquée pour la sécurité nationale ». L’opération s’est traduite par l’éviction du PDG Zhang Xuezheng, sur fond de pressions diplomatiques et d’inscription de Wingtech sur la liste noire américaine.
La réaction de Pékin a été immédiate : suspension des exportations de puces produites et conditionnées en Chine, ce qui a aussitôt paralysé une partie de l’industrie européenne. Constructeurs et équipementiers ont tiré la sonnette d’alarme : les chaînes de production se sont retrouvées à l’arrêt, incapables de certifier de nouveaux fournisseurs en urgence.
Après cinq semaines de blocage, la détente est amorcée. Pékin a accordé des dérogations limitées à certaines entreprises, pendant que Berlin et Bruxelles tentaient de recoller les morceaux. Mais la leçon reste amère.