Ce dernier est accusé de ne pas avoir fourni les garanties nécessaires à la reprise de l’usine.
Des négociations sous tension
Le directeur général de FDB, Jérôme Dupont, a exprimé son mécontentement à l’AFP, soulignant que si l’État s’est engagé à financer une partie des investissements nécessaires à la reprise, Renault reste réticent à contribuer financièrement. « Malgré l’engagement de l’État et un financement déjà supérieur à ce qui était demandé, Renault refuse de financer le projet à la hauteur de ce qui est nécessaire », a-t-il affirmé.
L’ancienne usine de Renault, qui continue de produire des pièces essentielles pour le constructeur, connaît les mêmes difficultés que les autres équipementiers. En 2024, 95 % du chiffre d’affaires de la Fonderie de Bretagne provient encore de Renault. L’issue de cette négociation est donc cruciale pour l’avenir de l’entreprise, dont la fermeture ou la restructuration signerait une perte considérable pour l’industrie locale.
Des engagements non tenus selon FDB
La position de FDB est claire : l’entreprise réclame à Renault de maintenir les engagements pris en 2022 lors de la vente de l’usine au fonds Callista Private Equity. Ce dernier s’est engagé à apporter un soutien financier au projet, mais FDB demande à Renault de garantir des volumes suffisants de commandes de pièces jusqu’en 2028. Selon le communiqué de l’entreprise, Renault doit également financer un besoin supplémentaire d’environ huit millions d’euros pour assurer la pérennité du projet. « Soit Renault change de position et nous pourrons envisager un accord, soit la situation ne fera que précipiter l’échec du projet », a averti Jérôme Dupont, appelant à une réunion de dernière chance sous l’égide du ministère de l’Industrie.
Alors que plusieurs équipementiers ont annoncé des suppressions massives de postes ces derniers mois, le directeur général de la Fonderie de Bretagne s’inquiète de la désindustrialisation croissante. « J’ai l’impression d’être le énième épisode d’un feuilleton trop bien connu », a-t-il déploré, soulignant la fragilité de l’industrie locale face à des enjeux économiques mondiaux.
Renault reste inflexible sur ses engagements commerciaux
Pour sa part, Renault maintient que ses engagements sont respectés. François Provost, le directeur des achats du constructeur, a précisé que Renault avait confirmé un soutien financier au repreneur à hauteur de 30 millions d’euros pour faciliter la reprise et surtout la diversification de l’usine. Toutefois, il a souligné que Renault n’était pas prêt à prendre d’engagements sur les volumes de production, expliquant que le constructeur ne pouvait pas se permettre de garantir de tels volumes dans un marché aussi incertain. « Nous continuerons à maintenir une relation commerciale avec FDB, mais sans engagement sur les volumes », a insisté M. Provost.
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Malgré ces désaccords, le repreneur, le fonds Private Assets, semble avoir les ressources nécessaires pour relancer l’usine. Le groupe a déjà prévu d’apporter 11 000 tonnes de production dans le plan de charge, ce qui pourrait apporter un soulagement temporaire à l’usine bretonne. Toutefois, sans un soutien total de Renault, la pérennité de l’opération reste incertaine.